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Mauritanie : fuite de gaz GTA

Vendredi 28 Février 2025

Une fuite a été constatée sur la plate d’exploitation de gaz du champ Grand Tortue/Ahmeyim (GTA), il y a quelques jours.


Le Ministère de l’environnement a annoncé l’ouverture d’une enquête, pour en déterminer les causes et situer les responsabilités.
Du côté de BP, compagnie chargée de l’exploitation du gaz mauritano sénégalais, on reste avare de communication sur l’incident, en indiquant de manière laconique que la fuite a été maitrisée.
Face à cette situation, la Comité de la Fédération Nationale des Pêches (FNP)/Section Sud et l’ONG Zakia, spécialisée dans la protection de l’environnement marin, ont fait face à la presse jeudi, en début d’après midi.
A cette occasion, le  président du Comité de la Fédération Nationale des Pêches (FNP)/Section Sud, Béchir Hassena Ahmed El Abeid, le président de l’ONG Zakia, Mansour Bahaida et le Secrétaire Général de l’ONG Zakia, Becaye Samba Sy, ont exprimé leur vive inquiétude face à cette situation aux conséquences préjudiciables pour la  pêche, la sécurité alimentaire des populations,  les activités des industries de pêche et l’environnement marin.
Ces acteurs recommandent « une enquête transparente et rigoureuse sur les causes de la fuite. La mise en place d’un  mécanisme de prévention pour éviter de tels incidents à l’avenir. Un renforcement de la réglementation environnementale et des contrôles pour garantir la sécurité des installations et une indemnisation équitable des communautés affectées par l’incident.
Par ailleurs, cette fuite met en évidence les risques associés à l’exploitation des ressources naturelles et  l’importance d’une gestion transparente des projets énergétiques ».
                     
 
 
 








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Djibril Zakaria Sall ou le devoir de parler

Il avait intitulé son anthologie Je veux parler. Ce titre résumait déjà toute une vie. Il venait d'un de ses premiers poèmes, où un homme épuisé par la route ne demande qu'une chose. Parler. Être entendu des hommes.

La Mauritanie a perdu, ce mercredi 15 juillet, l'une des voix qui lui apprenaient à se raconter. Djibril Zakaria Sall est mort à 87 ans.

Il était né le 23 avril 1939 à Rosso, dans une famille peule originaire de Hayré Mbar, au Brakna, entre Boghé et Kaédi. On dira qu'il était fier de ses origines. C'est vrai, et c'est insuffisant. Le Fouta ne fut pas seulement son ascendance. Il fut son école. Une civilisation où la parole a un poids moral, où celui qui sait doit transmettre, où le verbe oblige celui qui le porte. Cet héritage explique tout le reste.

Le reste, c'est un parcours que personne n'aurait inventé. Élève du Collège Xavier Coppolani de Rosso, il entre dans la police en 1961 et devient commissaire en 1965. Il servira son pays avec constance, de Rosso à Zouérate, d'Atar à Nouakchott, jusqu'aux plus hautes responsabilités de la Sûreté nationale. Et c'est en octobre 1967, commissaire à Rosso, qu'il se met à écrire. La nuit, réveillé par ce qu'il faut bien appeler l'inspiration, sous le regard amusé d'une famille qui se demandait ce qui arrivait au commissaire. Il envoie ses poèmes à Léopold Sédar Senghor, président du Sénégal, qui lui répond et lui conseille d'abandonner la rime pour le rythme et l'image. En 1970 paraît son premier recueil, Lumières noires, avec l'appui du président Mokhtar Ould Daddah. D'autres suivront, à Nouakchott puis à Dakar, et ses textes seront traduits jusque dans la revue américaine Black World.

Il n'a jamais opposé le service de l'État au service de la culture. L'uniforme le jour, le poème la nuit. Chez lui les deux relevaient du même devoir, celui de protéger. L'ordre protège les hommes. La poésie protège leur âme.

Sa poésie disait l'apartheid, Soweto, la dignité des peuples noirs. Il s'en est expliqué en 2013, à l'Institut Français de Mauritanie, avec cette phrase qui lui ressemble. La contribution du poète face à l'oppression, c'est l'écrit, et « l'écrit est quelquefois plus dangereux que le fusil ». Mais chez lui l'universel naissait de l'intime. Le même homme écrivait sur son village, ses enfants, sa solitude, et jusqu'au téléphone portable qui vide les marmites.

À la fin de sa vie, il s'était mis à écrire en pulaar, sa langue maternelle. Il disait y trouver une liberté neuve, un vocabulaire à portée de main, une langue où l'oncle et le frère remplacent le dictionnaire. Par la poésie, il revenait à la langue de Hayré Mbar. Le cercle se fermait là où il s'était ouvert.

Nous savons célébrer les routes et les ouvrages. Sachons aussi honorer ceux qui façonnent le patrimoine immatériel d'une nation. Les poètes ne bâtissent rien qu'on inaugure. Ils donnent aux générations les mots avec lesquels elles comprendront leur histoire.

Nous appartenons à Dieu et c'est vers Lui que nous retournons. Puisse le Très-Haut l'accueillir dans Son infinie miséricorde et accorder patience à sa famille, à ses proches et à tous ceux que sa poésie a touchés.

Ceux qui voudront désormais entendre sa voix n'auront qu'à ouvrir ses recueils. Ils y retrouveront Hayré Mbar, la Mauritanie et cette parole libre qu'il n'a jamais cessé de servir.

Mansour LY- le 17 juillet 2026

18/07/2026