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Ghazouani expose sa vision du dialogue

Mercredi 12 Mars 2025

Le président de la République, Mohamed Cheikh El Ghazouani, a exposé sa vision du dialogue, dimanche dernier, en recevant pour « un Iftar » la rupture du jeûne, les membres de l’institution de l’opposition, les présidents de partis politiques et les candidats à l’élection présidentielle du 29 juin 2024.


Ghazouani expose sa vision du dialogue
Dans un discours prononcé devant une assistance composée de la crème de la  classe politique, le chef de l’état a déclaré « je suis ferment convaincu que la concertation et le dialogue, constituent le meilleur moyen de gérer les affaires publiques et de traiter les grandes questions nationales ».
Elu pour un deuxième  et dernier mandat de 5 ans,  depuis 9 mois, Ghazouani, a exprimé « son aspiration aujourd’hui, à organiser un dialogue global, qui serve les citoyens et réalise l’intérêt suprême du pays,  permette de résoudre définitivement les questions fondamentales qui restent en suspens, bien qu’elles aient été discutées à l’occasion  des dialogues précédents, et en dépit des efforts déployés pour les résoudre ».
Après un tel exposé, on s’interroge sur « les questions fondamentales » aux quelles fait allusion le discours du président de la République : le passif humanitaire ? La question sociale de l’esclavage ou ses séquelles ? La cohabitation communautaire ? La situation d’une école à l’agonie ? La mal gouvernance endémique et la corruption ? Le vieux problème d’une justice sous forte influence de l’exécutif ? Le problème récurrent de l’organisation d’élections libres, démocratiques et transparentes, permettant une véritable alternance entre les chapelles politiques et  la respiration du système pluraliste ?
 

Amadou Seck Seck






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Djibril Zakaria Sall ou le devoir de parler

Il avait intitulé son anthologie Je veux parler. Ce titre résumait déjà toute une vie. Il venait d'un de ses premiers poèmes, où un homme épuisé par la route ne demande qu'une chose. Parler. Être entendu des hommes.

La Mauritanie a perdu, ce mercredi 15 juillet, l'une des voix qui lui apprenaient à se raconter. Djibril Zakaria Sall est mort à 87 ans.

Il était né le 23 avril 1939 à Rosso, dans une famille peule originaire de Hayré Mbar, au Brakna, entre Boghé et Kaédi. On dira qu'il était fier de ses origines. C'est vrai, et c'est insuffisant. Le Fouta ne fut pas seulement son ascendance. Il fut son école. Une civilisation où la parole a un poids moral, où celui qui sait doit transmettre, où le verbe oblige celui qui le porte. Cet héritage explique tout le reste.

Le reste, c'est un parcours que personne n'aurait inventé. Élève du Collège Xavier Coppolani de Rosso, il entre dans la police en 1961 et devient commissaire en 1965. Il servira son pays avec constance, de Rosso à Zouérate, d'Atar à Nouakchott, jusqu'aux plus hautes responsabilités de la Sûreté nationale. Et c'est en octobre 1967, commissaire à Rosso, qu'il se met à écrire. La nuit, réveillé par ce qu'il faut bien appeler l'inspiration, sous le regard amusé d'une famille qui se demandait ce qui arrivait au commissaire. Il envoie ses poèmes à Léopold Sédar Senghor, président du Sénégal, qui lui répond et lui conseille d'abandonner la rime pour le rythme et l'image. En 1970 paraît son premier recueil, Lumières noires, avec l'appui du président Mokhtar Ould Daddah. D'autres suivront, à Nouakchott puis à Dakar, et ses textes seront traduits jusque dans la revue américaine Black World.

Il n'a jamais opposé le service de l'État au service de la culture. L'uniforme le jour, le poème la nuit. Chez lui les deux relevaient du même devoir, celui de protéger. L'ordre protège les hommes. La poésie protège leur âme.

Sa poésie disait l'apartheid, Soweto, la dignité des peuples noirs. Il s'en est expliqué en 2013, à l'Institut Français de Mauritanie, avec cette phrase qui lui ressemble. La contribution du poète face à l'oppression, c'est l'écrit, et « l'écrit est quelquefois plus dangereux que le fusil ». Mais chez lui l'universel naissait de l'intime. Le même homme écrivait sur son village, ses enfants, sa solitude, et jusqu'au téléphone portable qui vide les marmites.

À la fin de sa vie, il s'était mis à écrire en pulaar, sa langue maternelle. Il disait y trouver une liberté neuve, un vocabulaire à portée de main, une langue où l'oncle et le frère remplacent le dictionnaire. Par la poésie, il revenait à la langue de Hayré Mbar. Le cercle se fermait là où il s'était ouvert.

Nous savons célébrer les routes et les ouvrages. Sachons aussi honorer ceux qui façonnent le patrimoine immatériel d'une nation. Les poètes ne bâtissent rien qu'on inaugure. Ils donnent aux générations les mots avec lesquels elles comprendront leur histoire.

Nous appartenons à Dieu et c'est vers Lui que nous retournons. Puisse le Très-Haut l'accueillir dans Son infinie miséricorde et accorder patience à sa famille, à ses proches et à tous ceux que sa poésie a touchés.

Ceux qui voudront désormais entendre sa voix n'auront qu'à ouvrir ses recueils. Ils y retrouveront Hayré Mbar, la Mauritanie et cette parole libre qu'il n'a jamais cessé de servir.

Mansour LY- le 17 juillet 2026

18/07/2026