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Exploitants des jardins de Sebkha sous la menace d’une expulsion

Lundi 17 Février 2025

Le Hakem de Sebkha, accompagné des éléments de la police et de la garde nationale, a rendu visite aux exploitants des jardins maraichers situés dans la commune, source de ravitaillement du marché en légumes et poumon vert de Nouakchott, aujourd’hui 17 février, pour leur demander de se présenter à ses services le lundi 25 février, munis des papiers légalisant leur présence sur ces lieux.


Il par ailleurs indiqué que ceux qui ne disposent pas  des documents réclamés par l’administration, en fait c’est le cas de  tous,  devraient se préparer à quitter l’endroit.
Ces braves hommes, auraient ainsi  une semaine pour plier les  bagages, partir   d’une terre qui les accueille depuis des lustres.
Les  jardins maraichers  de Sebkha sont exploités de pères en fils, par ces citoyens depuis plus de 60 ans, mais  leurs demandes répétées de régularisation de cette situation de fait, n’ont jamais rencontré d’échos favorables de la part des autorités.
Ils ont organisé un sit-in de protestation devant le Ministère de l’habitat, de  l’Urbanisme et de l’aménagement du territoire, il y a 2 mois,   Suite au constat de l’implantation des poteaux de la SONADER sur les lieux.
Une présence continue sur le terrain de plusieurs dizaines d’années, sur laquelle ces travailleurs fondent un droit de prescription.
 Ils  entendent saisir  à nouveau les hautes autorités, les membres de la classe politique, les organisations de défense de l’environnement et  des droits humains,  les leaders d’opinion…. pour éviter un drame collectif.   
En effet, en cas d’expulsion, celle-ci  aura des conséquences terribles sur plusieurs centaines de familles, selon un membre actif du collectif des exploitants.
 
 
 
 

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Abolitionnistes en campagne contre l’esclavage par ascendant en Mauritanie et en Afrique de l’Ouest

Des activistes abolitionnistes de la sous région, des Organisations de la Société Civile ouest africaine et leurs partenaires internationaux, mènent actuellement une intense campagne contre l’esclavage par ascendants en Mauritanie, au Sénégal, au Mali et dans tous les pays ou ce phénomène persiste encore, malgré les engagements internationaux des différentes Autorités.

L’esclavage par ascendant est une forme de servilité à travers laquelle les victimes sont classées dans ce statut, parce que leurs ancêtres étaient traités de la même manière, du fait d’une appartenance à un groupe social inférieur.  
 
Ces milieux anti esclavagistes, vent debout contre un phénomène venu du fond des âges de l’obscurantisme et des inégalités, ont tenu une conférence de presse, le samedi 28 mars 2026 à Dakar. Une rencontre au cours de laquelle, les activistes ont fait le point sur la situation en Mauritanie, jugée “préoccupante” avec “des arrestations arbitraires et le harcèlement judiciaire visant des militants, en plus de la persistance du phénomène de l’esclavage par ascendant”.
Les participants à la conférence de presse de Dakar, parmi lesquels l’activiste mauritanien, Dicko Hennoune et le célèbre avocat, maître Said Larifou, ont mis l’accent “sur les enjeux urgents de la lutte contre l’esclavage par ascendant et la défense des droits humains”.  
Dans le même temps, les organisateurs de la conférence de presse de Dakar ont appelé le gouvernement sénégalais “à initier un projet de loi visant à éradiquer définitivement l’esclavage par ascendant et ses séquelles dans ce pays”.        
 

Le cas Nouha Mohamed et les arrestations de militants mauritaniens en fil rouge

Les organisateurs de la conférence de la capitale sénégalaise, sont largement revenus sur la situation en Mauritanie, avec une affaire pendante actuellement devant la justice.
Ils ont développé un plaidoyer  abolitionniste et militant,  dont le fil rouge a été le cas de Nouha Mohamed, jeune fille de 11 ans “soumise à des travaux forcés et privée  de scolarité, de vêtements décents et de chaussures ” dont les dénonciateurs, 4 femmes et 3 hommes, ont été arrêtés le 04 février dernier et placés en détention provisoire “pour diffusion de fausses nouvelles et association de malfaiteurs” alors que le couple responsable de l’exploitation de l’enfant n’a pas été inquiété,  bénéficiant même du statut  partie civile dans le traitement de l’affaire”.
Une situation de refus d’appliquer les lois nationales, qui illustre parfaitement, la violation des engagements internationaux du gouvernement, estime Henoune Dicko, militant abolitionniste, qui a présenté une communication sur le sujet samedi dernier.
Les participants à la rencontre “ont lancé un appel au président de la République du Ghana, au président de l’Union Africaine (UA), à l’Organisation des Nations Unies (ONU), ainsi qu’à toutes les ONG sénégalaises,  africaines et internationales de défense des droits humains, réunies à Dakar, pour une mobilisation immédiate, coordonnée et efficace, en faveur de Nouha Mohamed, sa mère et ses frères, ainsi que des 20% de la population vivant encore sous le joug d’un esclavage ancestral” annonce un document envoyé à la presse.
Le même écrit réclame avec force “ la libération des détenus abolitionnistes, la mise en place d’un suivi international contraignant, sur l’application des lois anti esclavagistes en Mauritanie et   l’ouverture d’une enquête internationale indépendante au sujet du cas Nouha Mohamed”.
 Dans le contexte de la Mauritanie, l’organisation de cette  conférence de presse, et la large dénonciation du cas Nouha Mohamed, vient alimenter une vieille querelle sémantique, entre les autorités de Nouakchott, qui admettent “une persistance des séquelles” de la pratique  séculaire de l’esclavage, et les mouvements abolitionnistes, dénonçant “un phénomène couvert par une chaine de complicités politiques, administratives et judiciaires”.
 

Amadou Seck Seck
30/03/2026