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Communiqué

Mercredi 20 Décembre 2023

Le conseil d’administration du FMI achève les premières revues des accords au titre du mécanisme élargi de crédit et de la facilité élargie de crédit et approuve un accord au titre de la facilité pour la résilience et la durabilité en faveur de la République islamique de Mauritanie


  • Le conseil d’administration du FMI a achevé aujourd’hui les premières revues des accords au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC) et de la facilité élargie de crédit (FEC), ce qui permet aux autorités d’effectuer un tirage de 16,10 millions de DTS (environ 21,52 millions de dollars).
  • Le conseil d’administration du FMI a également approuvé en faveur de la Mauritanie un accord au titre de la facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) d’un montant de 193,2 millions de DTS (environ 258,21 millions de dollars).
  • L’accord au titre de la FRD aidera la Mauritanie à renforcer sa résilience face aux chocs climatiques, à améliorer sa capacité à prémunir les populations les plus vulnérables contre les chocs climatiques, et à accélérer la transition vers des sources d’énergie plus propres.
Washington. Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé les premières revues des accords au titre de la facilité élargie de crédit et du mécanisme élargi de crédit (FEC/MEDC) en faveur de la République islamique de Mauritanie, et approuvé la demande de modification des critères de performance pour fin décembre 2023 concernant les réserves internationales nettes et les avoirs intérieurs nets. Le conseil d’administration a également consenti une dérogation pour non-respect du critère de performance sur la non-introduction et la non-modification de pratiques de taux de change multiples. L’approbation du conseil d’administration permettra de mettre immédiatement à la disposition de la Mauritanie 16,10 millions de DTS (21,52 millions de dollars). Le conseil d’administration du FMI a également approuvé un accord de 31 mois au titre de la facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), pour un montant total de 193,2 millions de DTS (environ 258,21 millions de dollars).
La croissance économique devrait ralentir à 4,8 % en 2023, contre 6,4 % en 2022, et l’inflation devrait poursuivre sa tendance baissière, en s’établissant à 4,5 % fin 2023, contre 11 % en 2022. Les perspectives économiques demeurent toutefois incertaines.
Le programme de réforme économique de la Mauritanie, appuyé par les accords FEC/MEDC avec le FMI, vise à préserver la stabilité macroéconomique, à renforcer les cadres de politique budgétaire et monétaire, à consolider les bases d’une croissance durable et inclusive et à réduire la pauvreté. Ce programme repose sur trois piliers : i) l’amélioration du cadre budgétaire à moyen terme afin de maintenir la viabilité budgétaire, de réduire progressivement l’endettement du pays, de lisser la volatilité liée aux ressources du secteur extractif et de protéger les dépenses sociales ; ii) le renforcement des cadres de politique monétaire et de change et le développement des marchés monétaires et de change, pour mieux maîtriser l’inflation et rendre l’économie mauritanienne plus résiliente face aux chocs exogènes ; iii) des réformes structurelles visant à renforcer la gouvernance, la transparence et le secteur privé, en améliorant le climat des affaires et l’inclusion financière.
L’accord au titre de la FRD contribuera à renforcer la résilience face au changement climatique et à consolider le cadre de l’action publique, de façon à profiter au maximum des synergies avec d’autres financements officiels et à mobiliser des financements d’origine privée. Les réformes portent sur les domaines suivants : i) l’intégration du climat dans la gestion des finances publiques (GFP) et la gestion des investissements publics (PIM), ii) la protection sociale contre les chocs climatiques, iii) la décarbonation, iv) le renforcement du cadre institutionnel de gestion de l’eau. Les décaissements s’effectueront selon le rythme de mise en œuvre des réformes.
Évaluation du conseil d’administration[[1]]url:https://www.imf.org/fr/News/Articles/2023/12/19/pr23365-imf-concludes-eff-and-ecf-approves-the-rsf-for-the-islamic-republic-of-mauritania#_ftn1
À la suite des délibérations du conseil d’administration, M. Kenji Okamura, directeur général adjoint et président par intérim, a fait la déclaration suivante :
« Grâce à des politiques solides, au soutien des bailleurs et à la normalisation des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, la croissance économique de la Mauritanie est restée forte en 2023. L’inflation a reculé, le déficit du compte courant s’est réduit, les réserves internationales sont restées à un niveau convenable et les résultats budgétaires sont demeurés conformes à l’objectif de réduction de la dette extérieure que se sont fixées les autorités à moyen terme. »
« La mise en œuvre par les autorités d’un ancrage budgétaire contribue à protéger les dépenses publiques de la volatilité des prix des matières premières et à stabiliser la dette. Une politique budgétaire disciplinée qui préserve les investissements dans les infrastructures et les dépenses sociales contribuerait à une croissance plus élevée et plus verte tout en maîtrisant la dette. Dans ce contexte, il sera important d’augmenter les recettes intérieures afin de créer une plus grande marge de manœuvre budgétaire, de rééquilibrer les dépenses publiques en limitant les dépenses courantes non ciblées, et d’améliorer l’efficacité de l’investissement public. »
« Pour ancrer l’inflation à un niveau modéré et en prévision de l’introduction d’une nouvelle plateforme interbancaire de change en décembre 2023, qui permettra à la Mauritanie de passer progressivement à un taux de change plus flexible, la banque centrale a adopté, à juste titre, une orientation de politique monétaire plus restrictive. La poursuite d’une telle orientation, en étroite coordination avec l’exécution du budget, contribuerait à contenir la liquidité du système bancaire, à ancrer l’inflation et à favoriser l’essor des marchés interbancaires. Un suivi attentif de l’évolution du secteur financier s’impose pour renforcer la résistance du secteur bancaire face aux chocs. »
« L’exécution résolue des réformes structurelles est essentielle pour soutenir une croissance plus élevée, plus inclusive et diversifiée et davantage tirée par le secteur privé. Les priorités incluent la promotion de l’inclusion financière et l’atténuation des difficultés causées par le changement climatique et la mise en œuvre du plan d’action en matière de gouvernance pour améliorer le climat des affaires. »
« La poursuite de la mise en œuvre des accords au titre de la facilité élargie de crédit et du mécanisme élargi de crédit, et des mesures de réforme ambitieuses visant à répondre aux vulnérabilités liées au changement climatique, qui bénéficient du soutien de la nouvelle facilité pour la résilience et la durabilité, représentent des politiques et des réformes crédibles pour relever les défis auxquels la Mauritanie fait face à moyen et long terme et catalyser des financements supplémentaires. Le programme vise en particulier à maintenir les réserves au-dessus du seuil d’adéquation, au cours de la phase d’assouplissement progressif du taux de change, à renforcer les cadres politiques et à promouvoir une croissance durable et inclusive. Les accords contribueront également au développement du capital humain, à la croissance du secteur privé et à la réduction de la pauvreté, et à l’atténuation du changement climatique et à l’adaptation à ses effets.»

Mauritanie : Principaux indicateurs économiques, 2021–23
 
 
[[1]]url:https://www.imf.org/fr/News/Articles/2023/12/19/pr23365-imf-concludes-eff-and-ecf-approves-the-rsf-for-the-islamic-republic-of-mauritania#_ftnref1 À l’issue des délibérations, la Directrice générale, en qualité de présidente du conseil d’administration, résume les vues des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. On trouvera une explication des termes convenus utilisés communément dans les résumés des délibérations du conseil d’administration à l’adresse suivante : http://www.IMF.org/external/np/sec/misc/qualifiers.htm

Département de la communication du FMI
RELATIONS AVEC LES MÉDIAS
ATTACHÉ DE PRESSE: Mayada Ghazala
TÉLÉPHONE:+1 202 623-7100COURRIEL: MEDIA@IMF.org
Taux de pauvreté : 28 % (2019) Quote-part : 128,8 millions de DTS                                                                                        
Population : 4,4 millions (2018)                                                    Principales exportations : minerai de fer, poisson, or
       
  2021 2022 2023
  Est. Proj.
(variation annuelle en pourcentage, sauf indication contraire)
Comptes nationaux et prix      
PIB réel  0.7 6.4 4.8
PIB réel y compris industries extractives -19.2 18.3 11.6
PIB réel hors industries extractives 6.0 3.3 3.2
Déflateur du PIB  7.5 2.2 3.3
Prix à la consommation (fin de période) 5.7 11.0 4.5
(en pourcentage du PIB hors industries extractives, sauf indication contraire)
Opérations de l’administration centrale      
Recettes et dons 28.6 30.2 29.0
Hors industries extractives 20.4 21.9 23.5
Impôts 14.7 16.1 17.8
Industries extractives 5.3 6.1 3.4
Dons 2.9 2.2 2.1
Dépenses et prêts nets 26.2 34.6 31.4
   Courantes 16.4 20.8 19.9
   Capital 9.8 13.8 11.5
       
Solde primaire (hors dons) 0.6 -5.4 -3.5
Solde global (en pourcentage du PIB) 1.9 -3.6 -1.9
Dette du secteur public (en pourcentage du PIB) 1/ 2/ 52.4 47.3 46.9
(Variation annuelle en pourcentage, sauf indication contraire)
Monnaie et crédit      
Monnaie au sens large 20.4 3.1 8.0
Crédit au secteur privé 8.4 13.0 5.0
       
Balance des paiements      
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB) -8.6 -16.6 -12.2
Hors importations de biens d’équipement financées sur ressources extérieures 1.0 -4.7 -4.5
Réserves officielles brutes (en millions de dollars, fin de période) 3/ 2,347.5 1,876.6 1,892.8
En mois d’importations prospectives hors industries extractives 8.2 6.6 6.4
Dette publique extérieure (en millions de dollars) 2/ 4,203.6 3,970.2 4,098.5
En pourcentage du PIB 46.1 40.5 40.0
Taux de change effectif réel ... ... ...
Postes pour mémoire :      
PIB nominal (en millions de dollars) 9,126.0 9,799.4 10,243.1
Prix du minerai de fer (dollars/tonne) 158.2 120.7 101.5
Sources : autorités mauritaniennes ; estimations et projections des services du FMI.      
1/ Y compris dette publique envers la banque centrale reconnue en 2018.      
2/ À partir de 2021, y compris la dette renégociée, précédemment passive, envers le Koweït.      
3/ Hors recettes tirées du Fonds national de revenus des hydrocarbures.      







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Mauritanie: Naha Mint Mouknass, l’inamovible égérie de l’attelage gouvernemental (Par Confidentiel Afrique)

Ministre depuis une vingtaine d’années sous tous les régimes, Naha Mint Mouknass demeure une figure emblématique dont l’ascension fait autorité. Elle quitte le département de l’Urbanisme, l’Habitat et l’Aménagement du Territoire, pour celui de la Santé et des Affaires Sociales dans le gouvernement Ould DJAY II, accouché sous pression et né du scandale suscité par une gigantesque panne d’électricité qui a touché 1,5 millions de personnes à Nouakchott, fin Août 2026.

Fille de Hamdi Ould Mouknass, diplomate le plus brillant de l’histoire de la Mauritanie, président-fondateur de l’Union pour la Démocratie et le Progrès (UDP) et ministre des Affaires Étrangères sous le régime de Moctar Ould Daddah, Naha Mint Mouknass est une femme politique qui a traversé tous les régimes depuis le début du processus démocratique, sans jamais disparaître. Un conte de fées suit son ombre. Son parcours ministériel de plus de 20 ans, qui accompagne les magistères de Maayoua Ould Sid’Ahmed Taya, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, Mohamed Ould Abdel Aziz et Mohamed Ould Cheikh- El Ghazouani est l’un des plus prégnants de la vie politique et institutionnelle de Mauritanie.
Née le 10 Mars 1969 à Nouakchott, au sein d’une famille originaire de Nouadhibou – cité minière, portuaire et grande métropole du Nord de la Mauritanie –, diplômée de l’Institut Supérieur de Gestion de Paris en 1995, elle rentre au bercail après un stage au Crédit Commercial de France et entame une carrière dans le Privé, à la représentation de la multinationale Coca Cola à Nouakchott. Un passage de courte durée.

Flamme étincelante des origines

Habitée par la flamme des origines, cette fille du président de l’UDP apparait subitement sur le devant de la scène médiatique nationale en Janvier 1995, suite à l’arrestation de plusieurs leaders de l’opposition (Ahmed ould Daddah, Hamdi Ould Mouknass, Messaoud Ould Boulkheïr), embastillés par le régime de Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya et déportés à l’intérieur de la Mauritanie, après les «Émeutes du Pain».
C’est une déclaration de cette jeune dame, sur les antennes de RFI, qui alerte l’opinion nationale et internationale. À 31 ans, Naha Mint Mouknass franchit un palier stratégique dans son parcours politique, en prenant la tête de l’UDP, devenant la seule femme cheffe de parti en Mauritanie et la deuxième chargée d’une telle fonction dans le monde arabe.

Aux commandes de plusieurs départements ministériels stratégiques 

Elle est nommée ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération entre 2009 et 2011, sous le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz. Ce statut au sein du gouvernement peut être perçu comme un énorme coup d’éclat, la mauritanienne étant la seule femme du monde arabe à assumer des fonctions aussi prestigieuses dans le domaine de la diplomatie.
Élue député en 2013, la présidente de l’UDP a également occupé le fauteuil de plusieurs départements ministériels sous le magistère de Mohamed Cheikh El- Ghazouani : ministre du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme où elle a piloté les négociations entre la Mauritanie et la Communauté Économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), pour la conclusion d’un accord d’association ; ministre des Affaires Sociales de l’Enfance et de la Famille ; ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement ; ministre conseillère en charge des dossiers sensibles concernant l’Afrique.
Petit break de 2023 à 2024. De nombreux observateurs suggèrent l’idée d’une fin de parcours. Une grille de lecture dont l’absence de nuances commence à apparaître à travers l’élection de Sidi Ould Tah à la tête de la Banque Africaine de Développement (BAD). Un événement à l’occasion du duquel la belle dame au visage toujours souriant a été très visible dans les coulisses des bureaux au bord de la lagune des pêcheurs ébriés et autour de l’hôtel Ivoire.
Dans la foulée de cette victoire diplomatique de la Mauritanie, la présidente de l’UDP, dont le parti représente la deuxième force politique de la coalition majoritaire, après l’INSAF, avec le deuxième contingent de députés à l’Assemblée nationale, opposition et majorité confondues, fait son retour au gouvernement le 18 Septembre 2025. Elle y est nommée ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du Territoire.
Naha Mint Mouknass vient donc de quitter ce département, pour retrouver un fauteuil déjà occupé par le passé, le ministère de la Santé et des Affaires Sociales. Une présence constante, une longévité dont le secret réside dans la solidité du socle de députés, maires, élus régionaux et municipaux de l’UDP, avec une forte présence dans la vallée du fleuve Sénégal.

Par Amadou SECK, à Nouakchott (Confidentiel Afrique)

13/10/2026