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Communiqué de Presse Nouakchott, les 24 et 25 juillet 2024

Mardi 23 Juillet 2024

Communiqué de Presse Nouakchott, les 24 et 25 juillet 2024
Deuxième édition du Forum International des Compétences (FIC)
Lieu : Ancien Palais des Congrès de Nouakchott
Le cabinet Vizeho Consulting et le journal Financial Afrik organisent la deuxième édition du Forum International des Compétences (FIC), les 24 et 25 juin à l’ancien Palais des Congrès de Nouakchott. Quelque 1000 participants, dont des étudiants en master, des dirigeants de startups et des cadres du secteur public et privé, prendront part à cette conférence. Le thème central de cette année est « Métiers d’avenir et transfert de compétences de la diaspora ».
Dia El Haj Ibrahima, directeur général de Financial Afrik, déclare : « Nous voulons promouvoir les compétences locales et constituer un chaînon manquant entre les jeunes diplômés Mauritaniens et le marché du travail. »
Quant à Maimouna Sosso Bamba, directrice de Vizeho RH, elle affirme : « Il est important de construire un pont entre la diaspora et le pays. »
Une vingtaine de jeunes entrepreneurs et cadres de la diaspora participent à cet événement qui comprend également des masterclasses et un espace d’exposition varié. Parmi les partenaires de cet événement, on compte l’Agence nationale de l’emploi, partenaire officiel, ainsi que des opérateurs télécoms, des banques, des assurances et des fournisseurs de solutions numériques.

À propos de Vizeho Consulting : Vizeho Consulting est un cabinet de conseil spécialisé dans le développement des compétences et des ressources humaines en Afrique.
À propos de Financial Afrik : Financial Afrik est un journal économique de référence qui couvre les actualités financières et économiques en Afrique.


Pour plus d’informations, veuillez contacter :
* Nom du contact
* Téléphone: 00 222 44 59 11 21
* Adresse e-mail : ibrahima.dia@financialafrik.com

 







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Djibril Zakaria Sall ou le devoir de parler

Il avait intitulé son anthologie Je veux parler. Ce titre résumait déjà toute une vie. Il venait d'un de ses premiers poèmes, où un homme épuisé par la route ne demande qu'une chose. Parler. Être entendu des hommes.

La Mauritanie a perdu, ce mercredi 15 juillet, l'une des voix qui lui apprenaient à se raconter. Djibril Zakaria Sall est mort à 87 ans.

Il était né le 23 avril 1939 à Rosso, dans une famille peule originaire de Hayré Mbar, au Brakna, entre Boghé et Kaédi. On dira qu'il était fier de ses origines. C'est vrai, et c'est insuffisant. Le Fouta ne fut pas seulement son ascendance. Il fut son école. Une civilisation où la parole a un poids moral, où celui qui sait doit transmettre, où le verbe oblige celui qui le porte. Cet héritage explique tout le reste.

Le reste, c'est un parcours que personne n'aurait inventé. Élève du Collège Xavier Coppolani de Rosso, il entre dans la police en 1961 et devient commissaire en 1965. Il servira son pays avec constance, de Rosso à Zouérate, d'Atar à Nouakchott, jusqu'aux plus hautes responsabilités de la Sûreté nationale. Et c'est en octobre 1967, commissaire à Rosso, qu'il se met à écrire. La nuit, réveillé par ce qu'il faut bien appeler l'inspiration, sous le regard amusé d'une famille qui se demandait ce qui arrivait au commissaire. Il envoie ses poèmes à Léopold Sédar Senghor, président du Sénégal, qui lui répond et lui conseille d'abandonner la rime pour le rythme et l'image. En 1970 paraît son premier recueil, Lumières noires, avec l'appui du président Mokhtar Ould Daddah. D'autres suivront, à Nouakchott puis à Dakar, et ses textes seront traduits jusque dans la revue américaine Black World.

Il n'a jamais opposé le service de l'État au service de la culture. L'uniforme le jour, le poème la nuit. Chez lui les deux relevaient du même devoir, celui de protéger. L'ordre protège les hommes. La poésie protège leur âme.

Sa poésie disait l'apartheid, Soweto, la dignité des peuples noirs. Il s'en est expliqué en 2013, à l'Institut Français de Mauritanie, avec cette phrase qui lui ressemble. La contribution du poète face à l'oppression, c'est l'écrit, et « l'écrit est quelquefois plus dangereux que le fusil ». Mais chez lui l'universel naissait de l'intime. Le même homme écrivait sur son village, ses enfants, sa solitude, et jusqu'au téléphone portable qui vide les marmites.

À la fin de sa vie, il s'était mis à écrire en pulaar, sa langue maternelle. Il disait y trouver une liberté neuve, un vocabulaire à portée de main, une langue où l'oncle et le frère remplacent le dictionnaire. Par la poésie, il revenait à la langue de Hayré Mbar. Le cercle se fermait là où il s'était ouvert.

Nous savons célébrer les routes et les ouvrages. Sachons aussi honorer ceux qui façonnent le patrimoine immatériel d'une nation. Les poètes ne bâtissent rien qu'on inaugure. Ils donnent aux générations les mots avec lesquels elles comprendront leur histoire.

Nous appartenons à Dieu et c'est vers Lui que nous retournons. Puisse le Très-Haut l'accueillir dans Son infinie miséricorde et accorder patience à sa famille, à ses proches et à tous ceux que sa poésie a touchés.

Ceux qui voudront désormais entendre sa voix n'auront qu'à ouvrir ses recueils. Ils y retrouveront Hayré Mbar, la Mauritanie et cette parole libre qu'il n'a jamais cessé de servir.

Mansour LY- le 17 juillet 2026

18/07/2026