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Mali: attaque jihadiste à Bamako, ce que l'on sait

Mercredi 18 Septembre 2024

Les jihadistes affiliés à Al-Qaïda ont revendiqué mardi une double attaque contre l'aéroport militaire et un camp de gendarmerie à Bamako. Ce que l'on sait de cette opération sans précédent depuis des années dans la capitale malienne.


- Le déroulé des évènements -
 
Bamako s'est réveillée vers 5H00 au son des tirs d'armes à feu entrecoupés de déflagrations. Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), alliance jihadiste affiliée à Al-Qaïda, a revendiqué une double attaque contre l'aéroport militaire et contre l'école de gendarmerie à quelques minutes de là.
 
Le chef d'état-major des armées, le général Oumar Diarra, s'est contenté de parler de "tentatives d'infiltration un peu complexes", mais seulement à la gendarmerie, sans parler de l'aéroport. L'armée a assuré que l'attaque avait été déjouée et que la situation était "sous contrôle".
 
Cependant, des affrontements se faisaient toujours entendre dans l'après-midi près de l'aéroport.
 
- Le bilan de l'opération -
 
Comme presque systématiquement en matière sécuritaire sous la junte, les informations sur le  mode opératoire de l'attaque ou son bilan sont rares, dans un contexte d'accès restreint à l'information, et le restaient en début de soirée.
 
Le JNIM a assuré avoir infligé "d'énormes pertes humaines et matérielles et la destruction de plusieurs avions militaires". Un responsable aéroportuaire s'exprimant sous le couvert de l'anonymat a rapporté la destruction de six appareils, sans plus de précision, ainsi que de rampes de lancement de drones. Elle a ajouté qu'il y a eu "des morts", sans plus de détails.
 
Les autorités sont restées silencieuses sur les dommages subis. "Les terroristes qui étaient infiltrés ont été neutralisés", a dit le chef d'état-major. La télévision d'Etat a montré des images d'une vingtaine d'hommes prisonniers, les mains entravées et les yeux bandés. Des images circulant sur les réseaux sociaux ont montré des corps calcinés.
 
- L'impact de l'attaque -
 
Il va au-delà des dégâts humains et matériels.
 
Pour la première fois depuis longtemps, le JNIM, l'un des principaux acteurs jihadistes au Mali avec l'organisation Etat islamique, porte à Bamako même le combat mené depuis des années contre l'Etat malien.
 
Alors que certaines régions du pays, dont le nord et le centre où le JNIM est le plus actif, restent en proie à des attaques quasi quotidiennes, la capitale avait été préservée de l'insécurité depuis les attentats meurtriers du restaurant La Terrasse (avril 2015), de l'hôtel Radisson Blu (novembre 2015) et l'attaque contre l'hôtel Nord-Sud (mars 2016).
 
Le JNIM, engagé dans une lutte pour le contrôle du territoire en vue d'y imposer sa vision sociale rigoriste et ses intérêts économiques, a étendu son emprise en direction de la capitale et du sud, malgré les opérations renforcées de l'armée malienne et du groupe Wagner.
 
En juillet 2022, le JNIM a frappé au cœur du pouvoir avec une attaque suicide à Kati, ville garnison et fief de la junte.
 
- Une stratégie prise pour cible -
 
La junte, qui a pris le pouvoir par la force en 2020 en affichant le rétablissement comme sa priorité absolue, assure régulièrement avoir inversé la tendance contre les "terroristes" (jihadistes mais aussi indépendantistes dans la région du Nord) en faveur de l'Etat malien.
 
Elle a rompu la vieille alliance historique avec la France et les pays européens et s'est tournée politiquement et militairement vers la Russie, s'adjoignant les services de Wagner selon une multitude de sources. Elle s'est alliée avec les régimes militaires qui, suivant l'exemple, se sont portés à la tête du Burkina Faso et du Niger.
 
L'attaque de mardi a lieu le lendemain du premier anniversaire de cette Alliance des Etats du Sahel.
 
"Grâce à cette alliance stratégique, nos forces de défense et de sécurité ont enregistré d’importantes victoires sur le terrain, affaiblissant considérablement les groupes armés terroristes", avait déclaré dimanche le chef de la junte malienne, le colonel Assimi Goïta.
 
Par ailleurs, l'aéroport militaire attaqué mardi passe pour être tout proche du camp de transit de Wagner.
 
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Assemblées annuelles 2026 : « L’Afrique a les atouts nécessaires » — Les experts appellent à des systèmes financiers plus solides pour aider l’Afrique à mobiliser des capitaux à grande échelle

Lors d’une table ronde de haut niveau organisée par la Banque africaine de développement mercredi 27 mai, des experts ont déclaré que des systèmes financiers plus solides et mieux intégrés seraient essentiels pour aider l’Afrique à mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement de son développement dans un contexte mondial fragmenté.
Modérée par Hassatou N’Sele, vice-présidente chargée des Finances et Chief Financial Officer du Groupe de la Banque africaine de développement, la session a réuni des dirigeants d’institutions financières, d’autorités de supervision et de régulation, des responsables de banques centrales, ainsi que des experts juridiques et en financement du développement, venus d’Afrique et d’ailleurs.
Cette session était l’un des quatre événements de partage des connaissances organisés dans le cadre des Assemblées annuelles 2026 de la Banque africaine de développement, qui se tiennent à Brazzaville, en République du Congo.
Sous le thème « Renforcer et consolider les systèmes financiers et la capacité d’action de l’Afrique dans un monde en mutation », les intervenants ont examiné les moyens de débloquer davantage de financements nationaux et destinés au développement du continent.
Mme N’Sele a invité Nobumitsu Hayashi, gouverneur de la Japan Bank for International Cooperation, à ouvrir le débat en partageant les enseignements tirés de l’expérience asiatique. « Le Japon est un partenaire constant et de longue date du développement en Afrique », a-t-elle déclaré.
M. Hayashi a déclaré que le rétablissement financier du Japon après la Seconde Guerre mondiale et celui de l’Asie après la crise financière des années 1990 soulignaient l’importance de l’intégration financière régionale, de marchés nationaux solides et de marchés obligataires en monnaie locale, soutenus par des mécanismes de garantie de crédit.
« Nous développons fortement l’intégration financière, car c’est le véritable moteur de la croissance économique durable dans les pays asiatiques », a ajouté M. Hayashi.
La discussion a porté sur la manière dont les partenaires au développement peuvent contribuer à la mise en place de systèmes financiers nationaux intégrés, sur la façon dont les instruments d’assurance et de garantie peuvent libérer des capitaux à long terme, et sur la manière dont les réformes juridiques et réglementaires peuvent renforcer l’architecture financière de l’Afrique.
Les intervenants ont également souligné que la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD) de la Banque africaine de développement était une initiative opportune pour aider à combler le déficit annuel de financement du développement de l’Afrique, estimé à 400 milliards de dollars.
Le panel : Dieudonné Fikiri Alimasi, premier vice-gouverneur de la Banque centrale de la République démocratique du Congo ; Michel Dzombala, vice-gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) ; Ngueto Tiraïna Yambaye, président du Fonds africain de garantie et de coopération économique (FAGACE) ; Manuel Moses, directeur général de l’African Trade & Investment Development Insurance (ATIDI),
Kalidou Gadio, coprésident du département États-Unis–Afrique, chez DLA Piper aux États-Unis ; Cedrick Motetcho directeur du développement des affaires à la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) ; et Carlos Lopes, professeur honoraire à la Nelson Mandela School of Public Governance de l’université du Cap.
 

Points clés à retenir :

  • Sur la stabilisation du cadre macroéconomique :
Dieudonné Fikiri Alimasi a déclaré que le rétablissement de la confiance dans les monnaies locales dépendait de la stabilité macroéconomique, notamment de la stabilité des taux de change, ainsi que d’une adoption plus rapide des technologies pour améliorer la pénétration bancaire et accélérer l’inclusion financière.
  • Sur le rôle des banques centrales :
Michel Dzombala a déclaré que les banques centrales de la région de la CEMAC pouvaient jouer un rôle catalyseur en aidant à mobiliser des financements pour les institutions financières régionales.
  • Concernant l’évolution de la perception du risque :
Ngueto Tiraïna Yambaye a déclaré que les institutions africaines doivent collaborer plus étroitement pour changer la perception du risque chez les investisseurs, soulignant que les fonds de garantie africains existants ne couvrent encore qu’une petite partie des besoins de financement.
  • Concernant la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD) :
Manuel Moses a déclaré que l’Afrique dispose de ressources importantes qui peuvent être mieux mobilisées, et que la NAFAD offre un cadre permettant d’organiser ces efforts plus efficacement depuis l’intérieur du continent.
  • Sur la suppression des obstacles :
Kalidou Gadio a appelé à des réformes visant à supprimer les contraintes juridiques et réglementaires qui limitent l’utilisation des capitaux, notamment des fonds souverains, et a déclaré que des marchés plus profonds et plus unifiés seront essentiels pour accroître les investissements.
  • Sur les partenariats :
Cedrick Motetcho a déclaré que les partenariats doivent être considérés comme une méthode de travail concrète plutôt que comme une aspiration, permettant aux institutions d’agir plus rapidement et de déployer plus efficacement les outils de financement disponibles.
  • Sur la réforme des politiques pour soutenir la mobilisation des ressources :
Carlos Lopes a déclaré que les politiques macroéconomiques et financières devaient faire davantage pour soutenir la transformation structurelle et mieux utiliser les capitaux nationaux à long terme, notamment les fonds de pension.
En conclusion, Mme N’Sele a demandé aux intervenants d’identifier les actions les plus importantes à mener avant les prochaines Assemblées annuelles. Ils ont convenu que le défi de l’Afrique ne réside pas dans un manque de ressources, mais dans l’urgence de les mobiliser plus efficacement.
« L’Afrique possède tous les atouts nécessaires pour transformer ses économies », a déclaré M. Alimasi.
  • Pour revoir ou découvrir une partie de la session que vous avez manquée, cliquez sur ce lien.
  • Pour plus d’informations sur les Assemblées annuelles 2026 et pour suivre les sessions, cliquez sur ce lien.

02/06/2026