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LE MARABOUT ET LE GUERRIER par Barka Ba

Mardi 5 Décembre 2023

8Mohamed ould Abdel Aziz, ancien homme fort de Nouakchott en qualité de
chef militaire, et président de la République par la suite, entre 2005 et
2019, a été condamné à une peine de 5 ans de prison ferme, la confiscation
des biens au profit du trésor public, une amende de 50 millions de MRU, en
plus d’ une déchéance des droits civiques, par une cour chargée de la
répression des infractions à caractère économique.
Un verdict tombé au cours de la soirée du lundi 04 décembre 2023.
Une décision de justice aux conséquences politiques immenses, à la lecture de laquelle ce texte de notre confrère
sénégalais, Barka Bâ, publié quelques jours après la passation de pouvoir entre Aziz et Ghazouani, des amis de 40 ans,prend une dimension prémonitoire.


Le pouvoir ne se « prête » pas pas plus qu’il ne se « loue » - Homme à l’ego surdimensionné, Aziz s’est laissé avoir comme un bleu par le très madré Ghazouani, rejeton d’une illustre famille de religieux Idelboussat
La très grave crise qui prévaut entre l’ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz et son successeur Mohamed Ould Ghazouani était prévisible. Pour avoir eu la chance d’être aux premières loges au Palais des congrès de Nouakchott le jour de la proclamation des résultats de la présidentielle remportée par Ghazouani, il n’était pas difficile pour nous de remarquer que les hiérarques de l’Upr, réunis autour des deux amis pour suivre en direct le décompte des voix, avaient déjà retourné leurs vestes au profit du vainqueur du jour.
 
Trois mois à peine après avoir quitté le pouvoir, Aziz, ulcéré par un début de changements prometteurs entamé par son successeur, est revenu avec fracas à Nouakchott pour récupérer, à la hussarde, « son » parti qui a servi de rampe de lancement à son poulain. L’homme-lige qui aurait pu le renverser mais lui avait fidèlement gardé la maison en 2012, lorsqu’il avait failli passer de vie à trépas après avoir été touché par une balle au cours d’une mystérieuse fusillade, s’est trop vite démarqué, à son goût, de sa pesante tutelle. Cette tentative de reprise en main s’est soldée par un fiasco retentissant et humiliant pour l’ex-général abonné aux putschs: la quasi totalité des membres du comité directeur de l’Upr ont fait allégeance à Ghazouani, considéré désormais comme «l’unique référence » du parti. Et pour parer à toute éventualité, le nouveau chef de l’Etat mauritanien, ancien Cemga et ancien ministre de la Défense, a pris une mesure préventive : le limogeage du patron du Basep (Batailon de sécurité présidentielle), la garde prétorienne dont Aziz a longtemps été le patron et dont il s’est servi pour renverser tour à tour Ould Taya et Sidi Ould Cheikh Abdallahi.
 
Toutes proportions gardées, le clash entre Aziz et son ancien frère d’armes rappelle d’autres épisodes survenus en Afrique. Le retour avorté d’Aziz à Nouakchott et la tentative de contrôle de son parti a une étrange résonance avec la brouille intervenue entre le Président Senghor et son ancien dauphin Abdou Diouf. Enervé par la «désenghorisarion » trop vite entamée par son successeur et le dégommage tous azimuts de ses vieux compagnons de lutte, les fameux « barons », Senghor avait voulu revenir à Dakar pour reprendre en main « son » PS. Niet catégorique de Diouf qui le lui fait savoir, par l’intermédiaire de ses nouveaux porte-flingues. Par bonheur, le vieux sage comprit la leçon et ne tenta pas un bras de fer qui aurait pu plonger la fragile démocratie sénégalaise dans la tourmente. Une sagesse qui n’habita pas le Camerounais Amadou Ahidjo. Après avoir cédé lui aussi volontairement le pouvoir à un certain Paul Biya, il cria très vite à la trahison et tenta de revenir au pouvoir par tous les moyens. Résultat des courses : des officiers nordistes proches d’Ahidjo fomentèrent un putsch qui se solda par une centaine de morts dans les rues de Yaoundé, un des épisodes les plus dramatique de l’histoire du pays. Que dire du cas angolais entre Dos Santos et son successeur et ancien protégé Joao Lourenço, qui n’a pas hésité à lancer une violente purge contre les membres de la famille de l’ancien président angolais ayant mis en coupe réglée des pans entiers de l’économie du pays ?
 
Le pouvoir ne se « prête » pas pas plus qu’il ne se « loue ». Aziz va-t-il tirer les leçons de cet échec et comprendre que la partie est définitivement perdue pour lui ? On peut en douter. Homme au caractère emporté et à l’ego surdimensionné, l’ancien mécanicien ayant grandi à Darou Mouhty au Sénégal, descendant d’une tribu guerrière, s’est laissé avoir comme un bleu par le très madré Ghazouani, rejeton d’une illustre famille de religieux Idelboussat. Entre le marabout et le guerrier, la prochaine salve risque de laisser l’un des deux définitivement sur le carreau.
 
Ps : Dans un entretien accordé à Dakar actu, au lendemain de l’élection de Ghazouani, je disais que je ne croyais pas à un scénario «Poutine-Medvedev » et j’avais déjà évoqué l’hypothèse d’une brouille à venir entre les deux hommes par la faute d’Aziz. Mais je ne pensais absolument pas que cela arriverait si tôt...
 
 Source: Seneplus
 

SenePlus






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Ghazouani à Kaédi, dimanche : voici les enjeux de la visite

Le président Mohamed El Ghazouani, effectue une visite dans la région de Kaédi à partir du dimanche 08 février 2026.

Cet événement, mobilise tout le banc et l’arrière banc du pays, conformément à un aspect folklorique hérité du PRDS de Maouya ould Sid’Ahmed Taya, perpétué sous le règne de Mohamed Abdel Aziz, qui s’appuyait sur l’Union Pour la République (UPR).
Dans le narratif officiel, ce déplacement comporte plusieurs enjeux liés “au renforcement du dialogue avec les populations” et la nécessité d’évaluer les conditions de vie des citoyens en allant à leur contact.
A travers cette démarche, le président de la République, va à l’écoute du pays des profondeurs au sujet des questions de développement local “mesurer l’impact des politiques publiques au niveau régional, la nécessité de diversifier l’économie et promouvoir le développement durable à l’échelle  des régions et des communes, aborder les  questions de société, notamment les problèmes liés à l’enrôlement complémentaire, les enjeux liés à la stabilité et la sécurité, la promotion de la cohésion sociale et de l’unité nationale”. 
Évoquant les enjeux de cet événement, Sow Moussa Demba dit Tchombe, député, maire de la ville de Kaédi pendant plus de 20 ans, qui apparait comme une figure tutélaire de la capitale du Gorgol, parle “d’une visite très attendue, du fait des enjeux multiples du contexte.
En effet, le Gorgol est une région agro sylvopastorale à prédominance agricole.
Nous attendons la réhabilitation des grands périmètres et des périmètres villageois, qui sont à bout de souffle.
Les populations de la région revendiquent également des investissements pour la remise à niveau des ouvrages et des écoles professionnelles”.
Aliou Samba N’Diaye, PDG ETS Industrie de Riz du Gorgol, ETS Agro Industriel, deux (2) unités de décorticage de riz, qui exploite également un projet de Développement de la Filière Maraichère et Fruitière de Kaédi, lance un véritable cri du cœur “nos industries de proximité, contribuent grandement à la sécurité alimentaire des populations. Nous avons besoin d’un soutien constant des autorités, à travers l’adjudication des marchés publics et un mécanisme

Amadou Seck Seck
07/02/2026