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COMMUNIQUE DE PRESSE

Lundi 16 Septembre 2024

Nouakchott, le 16 septembre 2024. Dans le cadre de la coopération entre le Gouvernement de la République Islamique de Mauritanie et le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), le Directeur Régional de l'UNFPA pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre, Dr. Sennen HOUNTON, effectue une visite en Mauritanie. Cette visite intervient en marge de la conférence scientifique de la Fédération des Associations de Sage-femmes de l'Afrique Francophone (FASFAF) qui se tient à Nouakchott du 17 au 20 septembre 2024.


COMMUNIQUE DE PRESSE
Cette visite souligne l'engagement de l'UNFPA auprès du Gouvernement mauritanien à renforcer les systèmes de santé, notamment dans le domaine de la santé maternelle et néonatale. L’UNFPA plaide pour une réduction considérable des décès maternels liés à l'accouchement.  On note qu’en Mauritanie, malgré une baisse du taux de mortalité maternelle (passant de 582 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2013 à 424 en 2020), les défis demeurent. Le pays est encore loin de l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) pour lesquels le Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) vise un taux de 140 décès pour 100 000 naissances vivantes d'ici 2030.
La Conférence Scientifique de la FASFAF qui se tient à Nouakchott, réunit des experts, des professionnels de la santé et des représentants des organisations de sage-femmes des pays de l'Afrique francophone. Elle constitue un cadre d’échange de connaissances, de partage d’expériences et de promotion des bonnes pratiques en matière de santé reproductive. Au cours de cette rencontre de haut niveau, le Directeur Régional de l'UNFPA, Dr Sennen HOUNTON, réaffirmera le soutien de l'UNFPA à l'égard des efforts déployés par les sage-femmes, qui jouent un rôle clé dans la réduction de la mortalité maternelle et néonatale en Afrique.
En marge de la conférence, Dr. Sennen HOUNTON rencontrera les autorités de la République Islamique de Mauritanie et effectuera des visites de terrain à Nouakchott pour assurer le suivi des interventions soutenues par l'UNFPA.
Ces visites permettront d’examiner les réalisations de la coopération entre l'UNFPA et la Mauritanie, d’une part, et d'identifier les domaines nécessitant un renforcement ou une accentuation des efforts.
À propos de l'UNFPA :

Le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) est l’agence de l'ONU qui œuvre pour un monde où chaque grossesse est désirée, chaque accouchement est sans danger et le potentiel de chaque jeune est réalisé. L'UNFPA soutient des programmes dans plus de 150 pays. Pour plus d’information sur UNFPA en Mauritanie : https://mauritania.unfpa.org/fr
À propos de la FASFAF
Créée à Dakar en juillet 2013, la Fédération des associations de sages-femmes d’Afrique francophone est née de la volonté des sages-femmes d’Afrique francophone de se regrouper en fédération pour mieux jouer leur rôle dans la santé maternelle néonatale et infantile. La FASFAF regroupe 15 pays : le Bénin, le Congo, le Burkina Faso, le Cameroun, le Gabon, la Guinée, la Côte d’ivoire, le Mali, la Mauritanie, le Niger, la République Démocratique du Congo, la République Centrafricaine, le Tchad, le Togo et le Sénégal.  
 








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Colère autour de la mort suspecte de Fatimata Ba

Fatimata Hamady Bâ, une jeune divorcée de 33 ans, mère de 3 enfants, domiciliée dans la commune de Riad, est allée à une cérémonie de mariage organisée dans la commune de Dar Naim, dans la soirée du samedi 18 avril.

En sortant de la demeure familiale, elle venait, sans le savoir, de jeter le dernier regard Sur sa progéniture.
 En effet, son corps sans vie, est retrouvé quelques heures plus tard, dans des conditions suspectes, caché dans un entrepôt de Dar Naim, selon des témoignages.
Cet épisode cruel, est le point de départ d’un feuilleton marqué par la colère et des rumeurs invérifiables “sur une autopsie” fortement contestée par la famille.
 Les organisations dédiées à la protection des droits des femmes, des filles, les ONG de défense des droits humains se mobilisent.
 La toile s’enflamme, pour rappeler l’interminable spirale de “féminicides” (une qualification Jusque là, inconnue de notre législation pénale) qui a frappé la société mauritanienne au cours des 15 dernières années.
La première sortie officielle sur cette nouvelle affaire, intervient vendredi après midi, avec le procureur de la République près le tribunal de Nouakchott Nord, Cheikh Baye ould Sidi.
Face à la presse, le chef du parquet de Nouakchott/Nord, annonce “les investigations ont permis d’identifier, un suspect à l’étranger (Sénégal), moins de 48 heures après les faits” invite “à la retenue et à la responsabilité” dans le traitement médiatique de cette douloureuse et sensible affaire.
Dans le même timing, on note une montée de la pression de la société civile, à travers une déclaration du Forum National des Organisation des Humains (FONADH), un collectif d’une vingtaine d’ONG, déplorant “un meurtre présumé, un acte de violence odieux, qui interroge profondément sur notre société et nous interpelle, sur la sécurité des femmes et des jeunes filles en Mauritanie”.
Faisant échos aux revendications de la famille de la victime, le FONADH réclame “une autopsie impartiale et crédible, en présence d’un représentant de la famille de la défunte”.
Pour les amis du président Mamadou Sarr “ce énième drame, rappelle l’urgence de l’adoption de la loi Karama, pour renforcer la lutte contre les violences ciblant les femmes et les filles”.
 Sous réserve des résultats de l’enquête préliminaire et du traitement que la justice va réserver à l’affaire Fatimata Hamady Bâ, on peut rappeler que plusieurs femmes et jeunes filles, ont perdu la vie dans des conditions atroces à Nouakchott et quelques villes de l’intérieur, depuis l’affaire Penda Sogue.
Une longue liste d’horreur, une comptabilité macabre, mais un phénomène de société, sur lequel il est nécessaire de jeter un regard froid, au delà de l’émotion.
 Le premier pas, pour arrêter la longue liste des suppliciées, c’est nommer le problème, qui s’appelle “féminicide” et trouver une qualification adaptée à ces faits criminels, dans le cadre de notre législation pénale, sommée de s’adapter à l’évolution d’une société en mutations   et fortement agressée par de nouveaux phénomènes urbains.
Sollicité par rapport au concept de “féminicide” le Pr Lô Gourmo, avocat au barreau de Nouakchott, apporte un éclairage “en droit mauritanien, il n ‘y a aucune référence au concept de féminicide, pas de régime juridique particulier, c’est à dire un droit spécifique applicable à ce type de violence, meurtres ou assassinats, liés au sexe.
Le concept genre, a été rejeté au moment des débats du parlement sur la loi Karama, alors que le Conseil des Ministres l’avait adopté.
Notre législation pénale, reste régie par les notions traditionnelles, telles que le meurtre, l’assassinat et les infractions d’atteinte aux personnes, sans référence spécifique au genre, même si la répétition des actes et le lien conjugal, peut agir comme une circonstance aggravante dans le traitement des affaires de ce type”.
 Des associations mènent une intense activité dans ce sens, mais rencontrent des blocages religieux et sociologiques.
 
 “Par contre” ajoute l’avocat “dans les débats, y compris au sein du parlement, il y un réel effort qui est fait, pour tenter de clarifier spécifiquement, des violences touchant aux femmes en raison de leur genre.
Mais  une partie de l’opinion politique, reste hostile à ce concept, qu’il considère comme importé de l’occident”.

 

Amadou Seck Seck
25/04/2026