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Voila pourquoi Nouakchott fait l’objet d’une cour assidue de l’UE

Mercredi 6 Mars 2024

Depuis quelques semaines, le débat politique en Mauritanie, tourne autour de la perspective de signature avec l’Union Européenne (UE), d’un accord relatif « à l’accueil et l’hébergement » de migrants irréguliers africains et autres, expulsés de l’espace européen.


Voila pourquoi Nouakchott fait l’objet d’une cour assidue de l’UE
Une cour assidue des partenaires européens dont la véritable toile de fond est la question de la  migration, dans un contexte sahélien et ouest africain, marqué par la montée en puissance du terrorisme et de l’insécurité.
Le timing de déclenchement de cette polémique, est tout, sauf anodin.
 En, effet, elle survient après la visite à Nouakchott, de la présidente de la Commission de l’Union Européenne (UE), Mme Ursula Von Der Leyen, accompagnée  du premier Ministre espagnol, Pedro Sanchez, le 09 février dernier.
Un voyage dont le véritable file rouge a été la question hautement géopolitique, de l’immigration, du fait de la position géographique de la Mauritanie, à la croisée des voies terrestres et maritimes, entre l’Afrique de l’Ouest, zone pourvoyeuse de migrants, le Maghreb, les Amérique, à 700  kilomètres à vol d’oiseau, de l’archipel espagnole des Canaries, qui reçoit des milliers de jeunes désespérés, bravant le fond des océans et la mort.
 


Une visite à l’issue de laquelle il a été annoncé   un soutien financier de 210 millions d’euros en faveur de Nouakchott « pour la gestion des migrations, l’aide humanitaire et les opportunités en faveur de la jeunesse».
En plus de sa position géostratégique par rapport à la gestion de la question de fond de la migration, la Mauritanie accueille également plus de 150.000 réfugiés dans la région orientale de Néma, frontalière du Mali, avec une population de 104.000 individus dans le seul camp de M’Bera(situé à plus de 1200 kilomètres au Sud/Est de Nouakchott).
L’appui européen comporte également un volet militaire visant l’équipement d’un bataillon positionné dans la même région du Hodh Oriental.
Les  pays du  Sahel sont  confrontés  à une expansion fulgurante du terrorisme et de l’insécurité, depuis plusieurs années, mais le dernier attentat attribué aux djihadistes, perpétré   en Mauritanie, remonte à l’année 2011. Un constat qui renvoie à une résilience sécuritaire appréciée des partenaires. 
Voila pourquoi la  présidente de la commission de l’UE dresse le   tableau suivant  de la région « la situation dans le Sahel est très précaire et la Mauritanie joue un rôle dans la stabilisation. C’est pourquoi, nous accordons
une rallonge de 22 millions d’euros au titre de soutien sécuritaire, ce qui fait 40 millions en tout, pour cette année ».
 


Patrie alternative des migrants illégaux

 Face à la perspective de signature d’un tel accord avec le partenaire européen,   l’opposition rue dans les brancards. C’est le cas notamment de l’Alliance Populaire Progressiste (APP), du vieux militant anti esclavagiste, Messaoud ould Boulkheir, ex président de l’   assemblée nationale. Ce parti  rejette  une entente ouvrant « l’accueil et l’hébergement d’un nombre considérable de migrants et de réfugiés, rêvant d’une douce vie en Europe, loin des affres de la misère et du traumatisme, qu’ils vivent dans leurs pays respectifs, d’Afrique et d’Asie.
Un accord sous la pression  des partenaires européens, qui menacent d’exhumer le passif dans le domaine des droits humains ». Pour l’APP, la signature d’un tel accord « serait la pire des trahisons de nos dirigeants, le plus grand danger auquel seraient confrontés  le pays et les générations futures, à seulement quelques mois de la fin d’un mandat qui aura incarné la totale remise en cause de tous les acquis du pays, dans tous les domaines ».
                                                          

 


Une lecture battue en brèche par une déclaration du gouvernement, expliquant que « la Mauritanie ne sera jamais la patrie alternative des migrants ».Une manière de dire que les négociations entre les deux (2) continuent  et ne pourraient faire l’objet d’un accord que dans l’intérêt de la Mauritanie.
 Cet accord sera-t-il conclu le jeudi 07 mars prochain » loin de l’hypothèse de l’installation de migrants illégaux dans notre pays »?
La migration est un problème géopolitique et à dimension  régionale,  dont la solution ne peut pas être trouvée dans le cadre d’un accord entre la Mauritanie et l’Union Européenne (UE). Une question dont la gestion requiert  de tous les pays de l’Afrique de l’Ouest du Sahel.
 

Amadou Seck Seck





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Les migrantes célèbrent la Journée Internationale des Droits de la Femme

La Mauritanie, à l’instar de tous les pays du monde, a célébré dimanche, la Journée Internationale des Droits de la Femme, sous le thème “Droits, Justice, Action pour toutes les femmes et les filles”.

Le thème choisi en 2026, met en avant la nécessité d’un accès équitable à la justice, d’une protection réelle des droits fondamentaux et d’actions concrètes, pour toutes les femmes et les filles, sans exception.
C’est dans l’esprit de ce thème que les femmes migrantes de toutes les nationalités (Mali, Sénégal, Togo...) ont organisé une journée de réflexion et d’échanges dans un réceptif hôtelier de Nouakchott, sous l’impulsion du projet “Protection des Migrants, Justice, Droits de l’Homme, Trafic Illicite de Migrants (PROMIS), une initiative conjointe de l’Office des Nations Unies de lutte   contre la Drogue et le Crime organisé (UNUDC) et le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH). 
Une fin d’après midi en cette période de mois de ramadan, au cours de laquelle plusieurs communications ont été servies aux migrantes, avant une copieuse rupture de jeûne.
Les différents orateurs ont noté positivement, la signature par le gouvernement mauritanien, de plusieurs conventions internationales protégeant les migrantes et dans le cadre de la lutte contre la traite et le trafic illicite des personnes. 
A travers les différents exposés, l’assistance a été informée de la distinction entre le réfugié, dont le statut est clairement défini par la législation internationale, et le migrant, sujet de droit, mais sans statut spécifique, malgré son importance certifiée au sein de la communauté d’accueil.
Dans la perspective d’une meilleure intégration économique et sociale, il a été recommandé une amélioration du cadre juridique et réglementaire national, pour une meilleure Appropriation des instruments juridiques internationaux, alliée à une pratique plus constante de la protection de la couche vulnérable, que constituent les migrantes, dans le cadre d’une démarche cohérente, permettant d’aller au delà d’une simple cosmétique institutionnelle.
Mme Khoudia Ndiaye, consultante, a présenté un exposé sur “l’impact économique et social” des activités des femmes migrantes en Mauritanie.
A travers cette démarche, l’experte a mis en évidence l’énorme potentiel de contribution “ des femmes migrantes, qui pourraient permettre d’accroître la richesse nationale de 19% au cas ou elles bénéficieraient des mêmes opportunités que les hommes” citant une étude de la Banque Mondiale (BM).
Une frange de la population qui joue un rôle crucial “dans les chaînes d’approvisionnement urbains, la création d’Activités Génératrices de Revenus (AGR) avec effets multiplicateurs, un comblement des besoins en main d’œuvre”.
Ces différentes activités économiques ont un impact social de la plus haute importance “sur la cohésion et la stabilité, le renforcement du tissus social et une contribution à la stabilité dans les quartiers périphériques”.
Une contribution, mais aussi des enjeux et défis à surmonter “accès aux droits et inclusion progressive, le décalage entre la réalité de l’apport à l’économie et une perception moins positive” qui renvoie à un problème de déficit de communication et le manque d’indicateurs pour mesurer l’impact positif des activités des migrantes.
 





Amadou Seck Seck
09/03/2026