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Douzième édition du forum régional marin et côtier du 27 au 30 avril

Dimanche 1 Mars 2026

Le Sheraton de Nouakchott a abrité, vendredi soir, un diner de presse consacré à la douzième édition du forum régional marin et côtier, prévue à Nouakchott du 27 au 30 avril 2026.


Un événement qui sera organisé par le Partenariat Régional pour la Conservation de la zone côtière et Marine (PRCM) d’Afrique de l’Ouest, une institution sous régionale, regroupant la Mauritanie, le Sénégal, le Cap-Vert, la Gambie, la Guinée Bissau, la Guinée et la Sierra Leone, en collaboration avec le Ministère de l’environnement et du Développement durable, et plusieurs partenaires, sous le thème “la santé des océans, levier d’une économie bleue durable et inclusive”.
500 participants  prendront part aux assises de Nouakchott , conçues comme “une plateforme régionale d’échanges et de concertation, réunissant acteurs gouvernementaux, parlementaires, scientifiques, acteurs de la société civile nationale et internationale, représentants du secteur privé et bailleurs de fonds, pour un partage d’expériences et un  échange des bonnes pratiques contribuant à l’adoption de stratégies intégrées pour la préservation de la santé des océans  et la résilience des communautés côtières “ explique un document.
Le forum ambitionne “de favoriser un dialogue entre gouvernants, organisations régionales, Partenaires Techniques et Financiers, chercheurs et acteurs de la société civile, promouvoir des politiques publiques intégrées et durables, mettre en lumière les initiatives et les bonnes pratiques, encourager les synergies régionales et la mobilisation autour des enjeux liés à l’économie bleue durable”.
Plusieurs thèmes seront abordés à l’occasion du forum “gouvernance et coopération régionale, conservation de la biodiversité marine côtière, adaptation au changement climatique, gestion durable des pêches, économie bleue et développement durable, rôle des communautés”.
Le diner de gala a donné lieu des échanges de haute facture,  notamment une séance de questions/réponse  avec les interventions de Ahmed Senhoury, Directeur Exécutif du Partenariat Régional pour la Conservation  côtière et  Marine (PRCM) en Afrique de l’Ouest, du Ministre de l’Environnement et du Développement durable, Messaouda mint Baham Mohamed Laghdaf et du Secrétaire Général du gouvernement, Lam Thierno Al Housseinou, autour des enjeux tels  que:  le concept de l’économie bleue, les problèmes liés à la farine de poisson, la gestion durable des ressources halieutiques, l’érosion côtière......
               
 


Contexte et enjeux

Les   écosystèmes marins et côtiers en Afrique de l’Ouest sont parmi les plus riches et les plus productifs du monde. Ils jouent un rôle déterminant dans le domaine de la sécurité alimentaire, la création d’emplois, la résilience et la croissance économique durable
 Les plus grandes concentrations urbaines sont implantées sur la côte atlantique (Nouadhibou, Nouakchott, Saint Louis, Dakar, Banjul, Bissau, Conakry). Ainsi, des dizaines de millions de personnes, dépendent directement ou indirectement des ressources marines pour leur subsistance.
Dans les différents pays “les zones côtières soutiennent des secteurs économiques stratégiques tels que la pêche, le tourisme, le transport maritime, les énergies renouvelables et fossiles.
Elles abritent également des écosystèmes d’une richesse exceptionnelle, essentiels à la régulation du climat et la préservation de la biodiversité”. 
Cet espace vital, fait face à des contraintes naturelles et économiques, notamment “des pressions croissantes : surexploitation des ressources halieutiques, pollution marine, dégradation des habitats naturels, érosion côtière et remontée du niveau de la mer, impact du changement climatique, conflit entre usage et développement d’infrastructures littorales”.
Un environnement marqué “par une dégradation progressives de la santé des océans, qui constitue une menace directe sur l’équilibre écologique, la durabilité des économies nationales et la stabilité des communautés côtières”.
 
C’est dans ce contexte que le Forum Régional Marin et Côtier (FOMACO), a été initié en 2004 par le Partenariat Régional pour la Conservation de la zone côtière  Marine (PRCM), pour servir de “plateforme majeur de dialogue stratégique et de coordination régionale sur les préoccupations majeures par rapport aux ressources marines et aux écosystèmes qui les supportent”.
 

Amadou Seck Seck






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Passif Humanitaire : l’UFP pour une justice transitionnelle

Le Passif humanitaire en Mauritanie, est un euphémisme, qui désigne de graves crimes perpétrés sous la responsabilité des services d’un état, qui a pleinement usé de ses prérogatives de puissance publique, contre des citoyens, ciblés en raison de leur appartenance communautaire.

Ce concept, recouvre des faits criminels, véritables troubles à l’ordre public national et international, commis entre 1989 et 1991 : expulsions massives de populations issues de la communauté négro africaine, vers le Sénégal et le Mali, exécutions extra judiciaires de plusieurs centaines de militaires dans différentes garnisons, tortures, spoliation des terres dans la vallée du fleuve, pertes d’emplois touchant des agents de l’état et du privé.
Pour solder les comptes sanglants  de cette période et refermer, une page douloureuse de l’histoire de la Mauritanie, l’Union des Forces de Progrès (UFP), à travers la voix du Pr Lô Gourmo, vice-président, avocat au barreau de Nouakchott, propose la formule de la justice transitionnelle. 

PASSIF HUMANITAIRE : POURQUOI LA JUSTICE TRANSITIONNELLE PLUTÔT QUE LA JUSTICE ORDINAIRE ?

Intervention de Gourmo Abdoul Lô- Conférence- Débat de l'UFP du 12 juillet 2026

Mesdames et Messieurs,

La question que je voudrais évoquer rapidement ici aujourd'hui est  fondamentale.

Pourquoi parler de justice transitionnelle ? Pourquoi ne pas laisser la justice ordinaire faire son travail ?

Après tout, lorsqu'un crime est commis, la réponse normale est de saisir les tribunaux, d'identifier les responsables et de les juger. C'est le principe même de l'État de droit.

Mais le passif humanitaire mauritanien n'est pas une affaire pénale ordinaire.

Il ne s'agit pas d'une serie continue d'actes et de faits d'une gravité extrême commise certes par des individus mais dans le cadre et dans le contexte d'une politique d'Etat, explicite ou implicite dirigée contre des citoyens mauritaniens en raison de leur appartenance identitaire. Ces actes ne sont donc pas  isolés; ils ne sont pas non plus de simples  abus de pouvoir commis par des agents publics.

Nous sommes face à une succession de violations graves des droits humains : exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées, expulsions, déportations, spoliations, discriminations et destructions de vies humaines. Ces actes se sont produits dans un contexte où des institutions de l'État ont été impliquées.

Autrement dit, nous sommes devant une crise nationale, et non devant une simple addition de dossiers judiciaires.

C'est précisément dans ce type de situation que la justice transitionnelle trouve sa raison d'être.

La justice ordinaire cherche avant tout à répondre à une question : qui est coupable ?

La justice transitionnelle pose une question plus large : comment notre pays a-t-il pu en arriver là, et que devons-nous faire pour que cela ne se reproduise jamais ?

Elle ne remplace pas la justice pénale. Elle se situe sur un tout autre plan de jugement. L'Etat qui assume la pleine responsabilité des crimes commis en son nom ou sous son couvert cherche et trouve avec les victimes les conditions les plus avantageuses pour la paix sociale et la satisfaction pleine et entière des victimes sans s'enferrer dans l'impasse des règles et procédures formelles souvent inadaptées de la justice ordinaire.

Elle ne se focalise pas  sur la  la sanction pénale présente et valorise pour sa part, quatre dimensions essentielles : la vérité, la réparation, la mémoire et les garanties de non-répétition.

La première exigence est la vérité.

Les victimes ont le droit de savoir ce qui s'est réellement passé.

Les familles ont le droit de connaître le sort de leurs proches.

Le pays a le droit de connaître son histoire.

Sans vérité, il n'y a ni confiance ni réconciliation.

La deuxième exigence est la reconnaissance.

Les victimes ne demandent pas seulement des indemnisations.

Elles demandent que la Nation reconnaisse publiquement qu'une injustice leur a été infligée ainsi que le prescrit notre sainte réligion.

Cette reconnaissance est parfois plus importante encore que la réparation matérielle.

La troisième exigence est la réparation.

Réparer, ce n'est pas acheter le silence.

C'est restituer des droits, réhabiliter des personnes, réparer des préjudices, rendre leur dignité aux victimes et à leurs familles.

Enfin, la quatrième exigence est la non-répétition.

Une société responsable ne regarde pas seulement le passé.

Elle réforme ses institutions pour empêcher que les mêmes causes produisent les mêmes effets.

C'est pourquoi une véritable justice transitionnelle comporte aussi un volet portant sur des réformes institutionnelles : une justice indépendante, une administration impartiale, des forces de sécurité respectueuses des droits de tous et une lutte résolue contre toutes les formes de discrimination.

Je voudrais également dissiper un malentendu.

Justice transitionnelle ne signifie pas impunité.

Elle ne signifie ni oubli, ni amnistie automatique, ni pardon imposé.

Au contraire.

La justice transitionnelle refuse de réduire un drame national à quelques procès pénaux.

Elle cherche à traiter l'ensemble du problème, en mettant en avant les droits des victimes, en promouvant leur accord ainsi que les intérêts de la nation entière.

Il faut également éviter une autre erreur : celle de la culpabilité collective.

Les responsabilités sont individuelles dans la commission des faits à la connaissance desquels les victimes et l'ooinion ont droit. La redevabilité elle, relève de l'Etat qui assume les conséquences de son instigation ou de ses négligences coupables. 

Aucune communauté, aucune ethnie, aucune région ne doit porter le poids des crimes commis par certains de ses membres.

Le but n'est pas de diviser davantage les Mauritaniens.

Le but est de rétablir la vérité afin de reconstruire durablement l'unité nationale.

À mes yeux, la vraie question n'est donc pas : justice ordinaire ou justice transitionnelle ?

La vraie question est : comment construire une justice capable de répondre à la gravité exceptionnelle du passif humanitaire ?

La réponse est claire.

Nous avons besoin d'une justice transitionnelle qui intègre les principes et les valeurs de la justice ordinaire sans être paralysée par ses procédures ou ses assertions vengeresses.

Une justice qui établisse la vérité.

Une justice qui reconnaisse les victimes.

Une justice qui se fonde sur la responsabilité principale de l'Etat.

Une justice qui répare.

Une justice qui réforme les institutions.

Une justice qui garantisse que plus jamais notre pays ne revive de telles tragédies.

Mesdames et Messieurs,

La paix durable ne se construit ni sur l'oubli ni sur le déni.

Elle se construit sur la vérité.

Elle se construit sur la justice.

Elle se construit sur la reconnaissance des victimes.

Et elle se construit sur la volonté collective de faire en sorte que de telles tragédies ne puissent plus jamais se reproduire.

C'est pourquoi je suis convaincu que la justice transitionnelle n'est pas une justice d'exception. Elle est une justice de compromis. C'est pour cela que notre parti, l'UFP préconise une entente directe entre l'Etat et les victimes et soutient la mise sur pied d'une Commission Nationale de Réglement du Passif humanitaire, composée de ces deux principales parties auxquelles s'adjoindront des personnalités indépendantes connues pour leur sagesse et représentatives des composantes du pays.

Car, ainsi pourrait s'établir le préalable de de notre justice transitionnelle qui, ainsi sera la forme de justice  la plus adaptée aux circonstances lorsque c'est toute une Nation qui doit guérir de son passé.

Je vous remercie.

12/07/2026