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Candidat au poste de SG de l’ONU, Macky Sall accueilli par une immense foule à Dakar

Samedi 18 Juillet 2026

Absent du pays depuis 27 mois, Macky Sall, ancien président du Sénégal (2012/2024), candidat au poste de Secrétaire Général des Nations Unies (ONU), a effectué une visite de quelques heures à Dakar, ce vendredi 17 juillet 2026.


Il a été accueilli à l’aéroport militaire, Leopold Sedar Senghor, par une immense foule, Avec la toile de fond d’un spectacle constitué par des rues menant à sa résidence de Mermoz, noires de monde : militants de l’Alliance Pour la République (APR), Sympathisants et curieux.
Officiellement, ce retour au pays, rentre dans le cadre de la campagne pour la conquête du poste de Secrétaire Général des Nations Unies (ONU), objectif pour lequel l’ancien chef de l’état, sollicite le soutien symbolique du Sénégal.
C’est pour cette raison que Macky Sall a été reçu pendant plusieurs heures, par son successeur, le président Bassirou Diomaye Faye.
Mais au delà du soutien officiel de la République du Sénégal, les aspects pittoresques et colorés du show donné à Dakar, ce vendredi 17 juillet, montre clairement que l’ancien président de la République du Sénégal, dont le parti, APR, est dans l’opposition, dispose encore d’une solide base au pays de la Teranga.
Ce “rapprochement” entre le nouveau et l’ancien locataire du palais de la République de Dakar, intervient dans un contexte de dégradation des rapports entre le président Faye, et Ousmane Sonko, leader incontesté du parti “PASTEF” qui contrôle 130 députés sur un contingent de 165 élus à l’Assemblée Nationale.
 Homme politique populaire, Mr Sonko, récemment limogé du poste de premier Ministre, après 26 mois aux commandes du gouvernement, devenu président de l’assemblée nationale, est désormais un farouche adversaire de son ex protégé.     
Par ailleurs, au delà des aspects domestiques, le bref passage à Dakar de Macky sall, comporte surtout des enjeux diplomatiques : porter la voix de l’Afrique à l’ONU, après Avoir donné une certaine image de réconciliation nationale.
Petite ombre au tableau, des milieux proches de PASTEF, parti largement majoritaire à l’assemblée nationale, accuse Mr Sall, d’être l’unique responsable, au plan pénal, de la mort de plusieurs dizaines de jeunes.
“Des martyrs” opportunément brandis, comme fonds de commerce, suivant les circonstances politiques, par une mouvance politique, contrôlant l’assemblée nationale, mais qui refuse d’abroger une loi d’amnistie, adoptée en mars 2024, pour ouvrir la voie à une enquête, permettant d’établir les responsabilités entre l’auteur des appels à l’insurrection, les  forces de l’ordre, des milices venues du maquis et d’autres acteurs liés au crime organisé.
 

Amadou Seck Seck






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Djibril Zakaria Sall ou le devoir de parler

Il avait intitulé son anthologie Je veux parler. Ce titre résumait déjà toute une vie. Il venait d'un de ses premiers poèmes, où un homme épuisé par la route ne demande qu'une chose. Parler. Être entendu des hommes.

La Mauritanie a perdu, ce mercredi 15 juillet, l'une des voix qui lui apprenaient à se raconter. Djibril Zakaria Sall est mort à 87 ans.

Il était né le 23 avril 1939 à Rosso, dans une famille peule originaire de Hayré Mbar, au Brakna, entre Boghé et Kaédi. On dira qu'il était fier de ses origines. C'est vrai, et c'est insuffisant. Le Fouta ne fut pas seulement son ascendance. Il fut son école. Une civilisation où la parole a un poids moral, où celui qui sait doit transmettre, où le verbe oblige celui qui le porte. Cet héritage explique tout le reste.

Le reste, c'est un parcours que personne n'aurait inventé. Élève du Collège Xavier Coppolani de Rosso, il entre dans la police en 1961 et devient commissaire en 1965. Il servira son pays avec constance, de Rosso à Zouérate, d'Atar à Nouakchott, jusqu'aux plus hautes responsabilités de la Sûreté nationale. Et c'est en octobre 1967, commissaire à Rosso, qu'il se met à écrire. La nuit, réveillé par ce qu'il faut bien appeler l'inspiration, sous le regard amusé d'une famille qui se demandait ce qui arrivait au commissaire. Il envoie ses poèmes à Léopold Sédar Senghor, président du Sénégal, qui lui répond et lui conseille d'abandonner la rime pour le rythme et l'image. En 1970 paraît son premier recueil, Lumières noires, avec l'appui du président Mokhtar Ould Daddah. D'autres suivront, à Nouakchott puis à Dakar, et ses textes seront traduits jusque dans la revue américaine Black World.

Il n'a jamais opposé le service de l'État au service de la culture. L'uniforme le jour, le poème la nuit. Chez lui les deux relevaient du même devoir, celui de protéger. L'ordre protège les hommes. La poésie protège leur âme.

Sa poésie disait l'apartheid, Soweto, la dignité des peuples noirs. Il s'en est expliqué en 2013, à l'Institut Français de Mauritanie, avec cette phrase qui lui ressemble. La contribution du poète face à l'oppression, c'est l'écrit, et « l'écrit est quelquefois plus dangereux que le fusil ». Mais chez lui l'universel naissait de l'intime. Le même homme écrivait sur son village, ses enfants, sa solitude, et jusqu'au téléphone portable qui vide les marmites.

À la fin de sa vie, il s'était mis à écrire en pulaar, sa langue maternelle. Il disait y trouver une liberté neuve, un vocabulaire à portée de main, une langue où l'oncle et le frère remplacent le dictionnaire. Par la poésie, il revenait à la langue de Hayré Mbar. Le cercle se fermait là où il s'était ouvert.

Nous savons célébrer les routes et les ouvrages. Sachons aussi honorer ceux qui façonnent le patrimoine immatériel d'une nation. Les poètes ne bâtissent rien qu'on inaugure. Ils donnent aux générations les mots avec lesquels elles comprendront leur histoire.

Nous appartenons à Dieu et c'est vers Lui que nous retournons. Puisse le Très-Haut l'accueillir dans Son infinie miséricorde et accorder patience à sa famille, à ses proches et à tous ceux que sa poésie a touchés.

Ceux qui voudront désormais entendre sa voix n'auront qu'à ouvrir ses recueils. Ils y retrouveront Hayré Mbar, la Mauritanie et cette parole libre qu'il n'a jamais cessé de servir.

Mansour LY- le 17 juillet 2026

18/07/2026