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Atelier Maaden Mauritanie

Vendredi 5 Janvier 2024

Ce vendredi matin, au Palais des Congrès, ont pris fin les travaux de l’atelier organisé par l'Agence Nationale Maaden Mauritanie en collaboration avec les parties prenantes de l’activité minière artisanale et semi-industrielle de l’or, sous le thème "Capitalisation des acquis et renforcement des capacités organisationnelles et institutionnelles de l'activité minière artisanale et semi-industrielle de l'or".


La cérémonie de clôture a été présidé par le Secrétaire Général du Ministère du Pétrole, des Mines et de l'Énergie, M. Ahmed Salem Ould Bouhadda, en présence des Walis et élus des régions de Dakhlet Nouadhibou, Tiris Zemmour et de l’Inchiri. Étaient également présents, les représentants syndicaux et fédérations d’exploitants artisanaux, des investisseurs et opérateurs économiques, ainsi que des représentants d'organisations de la société civile actives dans le secteur.
A l’ouverture de la cérémonie les participants ont suivi une présentation détaillée de l'étude réalisée par l'Agence Nationale de Recherches géologiques et du patrimoine minier sur la cartographie et l'évaluation du potentiel géologique des couloirs de Maaden.
Les résultats des travaux de groupes des différents ateliers organisés la veille, à savoir les exploitants artisanaux, les opérateurs de la Petite exploitation minière et les usines de traitement de résidus ont été consolidé et restitué à l’audience.
Dans ce contexte, le Directeur Général, M. BA Ousmane, dans une intervention a rassuré les exploitants artisanaux du soutien du Président de la République S.E.M Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, il a ajouté que : « nous ferons tout notre possible pour prendre en compte vos recommandations dans les meilleurs délais. Il est certain que Son Excellence le Président de la République soutient cette orientation et cette volonté ».
Il affirmé que « L'Agence Nationale Maaden Mauritanie n’est pas seulement à une affaire de l’administration, mais elle concerne l’ensemble des acteurs sur le terrain, les investisseurs, les élus, les autorités administratives locales, et tous ceux qui ont un rôle dans le développement de cette activité naissante, conformément à la volonté de Son Excellence le Président de la République depuis l'année 2019, moment à laquelle il a pris l’engagement d’accompagner et de soutenir le développement du secteur ».
"Parmi les priorités de cette Agence", a déclaré le Directeur Général, "nous tenons à rapprocher les services de l’administration aux citoyens, en mettant un accent particulier sur ceux qui sont les plus vulnérable. Dans ce contexte, nous avons estimé qu'il était nécessaire de nous réunir avec toutes les parties prenantes pour échanger des expériences après trois années d’encadrement de cette activité. La réussite de toute politique publique nécessite une évaluation continue et une révision pour déterminer si des lacunes nécessitent d'être comblées ou améliorées, et c'est l'approche, la vision et la volonté sur lesquelles nous travaillons".
M. BA a adressé ses remerciements à l'assistance, au Secrétaire Général du Ministère du Pétrole, des Mines et de l'Énergie, aux Walis, aux élus, aux opérateurs et investisseurs, ainsi qu'aux experts qui ont participé à cet atelier.
Le Directeur Général a remercié les différents participants pour leurs apports, la richesse de leurs recommandations et suggestions pour tous les thématiques discutés qui sont cruciaux aussi bien pour l’Agence que pour l’activité.
Par ailleurs, le Secrétaire Général du Ministère du Pétrole, des Mines et de l'Énergie, M. Ahmed Salem Ould Bouhadda, dans son discours de clôture de l’atelier a affirmé que « l'organisation des activités visant à promouvoir le secteur minier artisanal est au cœur des priorités de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, qui accorde une importance particulière à ce secteur en raison de son impact positif sur l'économie nationale".
Il a ajouté que "cet atelier, dont l’ouverture officielle a été supervisé par Son Excellence le Ministre du Pétrole, des Mines et de l'Énergie lors de son lancement hier, a constitué une occasion supplémentaire pour le secteur minier de réunir les responsables de l'Agence Nationale Maaden Mauritanie avec toutes les parties prenantes, qu'il s'agisse des exploitants artisanaux, des pionniers des sociétés de traitement des résidus de l'exploitation minière artisanale de la catégorie « F », ou des opérateurs des petites mines. L'objectif principal de son organisation était d'améliorer les mécanismes de l'exercice de l'activité minière artisanale et semi-industrielle l’or, conformément aux aspirations de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, visant à revitaliser le secteur, le moderniser en introduisant de nouvelles technologies, en établissant des bases de données, en améliorant et en intégrant les bonnes pratiques dans tous les niveaux et activités du secteur, comme l'a souligné le Ministre dans son discours d'ouverture".
Il a ajouté : "Nous pouvons dire que l'atelier a créé une opportunité précieuse pour examiner les défis stratégiques, organisationnels et institutionnels de l'Agence. Il a également sensibilisé davantage à la nécessité de prendre des mesures supplémentaires pour garantir la sécurité des travailleurs et protéger l'environnement en élaborant une stratégie globale en matière de santé et de sécurité. De plus, il a offert cela a également été l’occasion à tous les acteurs du domaine d'échanger leurs expériences et leurs connaissances pratiques".
Les participants ont exprimé leur satisfaction de l'ambiance dans laquelle se sont déroulées les discussions lors de cet atelier, confirmant également leur satisfaction à l'égard de ses résultats et leur confiance que ses recommandations seront prises en considération.

Amadou Seck Seck






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Ce qui menace le dialogue national n’est pas le désaccord

Le chauffeur de taxi qui m’emmenait vers Tevragh-Zeina ne parlait pas du troisième mandat. Il parlait du prix du carburant. Le jeune diplômé rencontré dans un café de Nouakchott ne parlait pas des équilibres institutionnels. Il parlait des CV qu’il dépose depuis des mois sans réponse. La mère de famille ne parlait pas de 2029. Elle parlait de la liste des courses qu’elle réduit chaque semaine un peu plus. En les écoutant, une question s’est imposée à moi.

Et si le problème de la Mauritanie n’était pas l’absence de dialogue ?
 

Car pendant que le pays politique débat du cadre d’un futur dialogue, une autre Mauritanie attend des preuves. Car il faut le dire clairement. Le véritable risque n’est pas que ce dialogue échoue. Le pays en a vu d’autres échouer et il est toujours debout. Le véritable risque est qu’à force de rendez-vous sans lendemain, les Mauritaniens cessent de croire qu’un dialogue puisse changer quoi que ce soit à leur vie. Une nation survit à un désaccord politique. Elle survit beaucoup plus difficilement à l’épuisement de sa confiance.
 
Notre histoire récente éclaire ce danger mieux qu’aucune théorie. Les concertations se sont succédé depuis quinze ans. Les commissions ont produit leurs rapports, les experts leurs recommandations, les partis leurs plateformes. Le papier ne manque pas. C’est la suite donnée au papier qui manque. Or chaque cycle de promesses sans résultats n’est pas une opération neutre. C’est un retrait sur un compte qui ne se recrédite pas facilement, celui de la confiance des citoyens dans la capacité de la politique à produire des effets. Le père qui a entendu trois fois que l’école serait réformée et qui voit le niveau de ses enfants reculer n’écoute plus les annonces. Il cherche une école privée qu’il ne peut pas payer.
 
Le villageois de l’intérieur qui attend depuis des années un acte d’état civil ne se demande plus quand l’administration viendra à lui. Il se demande s’il compte encore pour elle. Ces renoncements silencieux ne font la une d’aucun journal. Ils défont pourtant un pays plus sûrement qu’une crise ouverte. Les crises les plus dangereuses ne sont pas toujours celles qui font du bruit. Ce sont souvent celles qui usent l’espérance sans bruit. C’est à cette lumière qu’il faut regarder le débat actuel. Depuis des mois, une part considérable de l’attention publique se concentre sur la question des mandats et sur l’horizon de 2029. La préoccupation n’est pas illégitime. Aucune démocratie ne fait l’économie de la question de l’alternance. Mais le citoyen mauritanien ne vit pas dans le calendrier électoral. Il vit dans le calendrier de ses difficultés.
 
Le fonctionnaire regarde son salaire perdre, mois après mois, un peu de sa valeur. L’éleveur guette la pluie et le prix de l’aliment de bétail. Le pêcheur espère que la mer et le marché lui laisseront de quoi vivre. Le retraité fait le compte de ce qui lui reste. Pendant que les états-majors anticipent la prochaine échéance, eux cherchent d’abord à traverser le mois. Chaque semaine consacrée aux spéculations de demain au détriment des urgences d’aujourd’hui confirme, aux yeux de millions de Mauritaniens, le soupçon le plus corrosif qui soit. Celui d’une politique qui se parle à elle-même. Ce soupçon a des racines plus anciennes que la conjoncture. La Mauritanie traverse depuis longtemps une crise de la perception.
 
Une partie des citoyens se vit comme tenue à l’écart. D’autres ressentent une inégalité de traitement, un favoritisme, parfois un abandon. Ces perceptions ne recouvrent pas toujours la réalité dans le détail. Elles produisent pourtant des effets parfaitement réels. Une perception d’injustice nourrit la frustration. Une perception d’exclusion pousse au retrait. Une perception d’abandon défait peu à peu le sentiment d’appartenir à un même pays.
 
Le passif humanitaire et les questions de mémoire appartiennent à cette catégorie de blessures que le silence n’a jamais refermées. On ne bâtit pas une nation en demandant à une part de ses enfants d’oublier ce que l’autre préférerait ne pas avoir à regarder.
La diversité mauritanienne, qui fait la richesse du pays, exige un travail permanent d’écoute et de reconnaissance. La cohésion nationale n’est pas un supplément d’âme que l’on ajoute une fois l’économie réglée. Elle est la condition de tout le reste.
 
Voilà l’enjeu réel du moment.
 
Voilà pourquoi le dialogue qui s’annonce mérite mieux que le scepticisme ambiant. Il n’est pas une fin. Il est un test. Un révélateur. Une occasion, peut-être la dernière avant longtemps, de démontrer que la parole publique peut encore produire des actes. Ce test survient à un moment singulier de notre histoire, et cette singularité crée une responsabilité. La Mauritanie d’aujourd’hui dispose d’atouts que la Mauritanie d’hier n’avait pas. Ses institutions ont traversé les dernières années sans rupture, dans une région où cela est devenu rare. Sa diplomatie a gagné en crédit. Le gaz de Grand Tortue Ahmeyim a commencé de couler et les arbitrages qui décideront s’il finance des écoles et des emplois ou s’il se dissout en importations se prennent maintenant. Dans un Sahel qui se défait, le pays occupe une position d’exception qu’il faut entretenir, jamais considérer comme acquise. Jamais l’État n’a eu autant de moyens de traiter des questions qu’il repousse depuis si longtemps. Une génération nombreuse arrive à l’âge adulte. Elle jugera ses aînés non sur ce qu’ils auront dit, mais sur ce qu’ils auront fait de cette conjoncture.
 
Les fenêtres de l’histoire ne préviennent jamais lorsqu’elles se referment. Encore faut-il une méthode. Car la confiance ne se décrète pas. Elle se vérifie. Nous savons identifier nos maux, rédiger des diagnostics, réunir des experts. Ce que nous maîtrisons moins, c’est l’art d’assurer la suite d’une décision une fois les lumières éteintes et la salle vidée. Un dialogue utile se jugerait donc non sur ses discours d’ouverture ou ses communiqués de clôture, mais sur ses résultats. Chaque engagement devrait sortir de la salle avec un responsable clairement identifié, une échéance précise et un indicateur que chacun peut consulter.
 
Un comité de suivi, où majorité et opposition siégeraient à parité, rendrait compte chaque année de l’avancement des décisions devant le Parlement et devant le pays. Rien de tout cela n’exige un génie particulier. Cela demande simplement d’accepter d’être jugé sur autre chose que sa présence à la tribune. Ce critère engage tout le monde. Un pouvoir qui veut réellement réformer n’a aucune raison de refuser un suivi qui l’oblige. Une opposition qui veut réellement peser n’a aucune raison de refuser d’y siéger. Le premier ne réussira pas seul, car une réforme imposée sans adhésion s’use dès la première alternance.
 
La seconde ne se construira pas dans la seule contestation, car on prépare une alternative en participant aux choix difficiles, pas en les commentant depuis le rivage. Sur l’école républicaine, sur l’état civil, sur la justice et sur l’unité nationale, les deux camps auront besoin d’un socle qui survive aux scrutins. Sans lui, chaque élection renvoie le pays à la case départ et le compte de la confiance s’appauvrit d’un cran supplémentaire. Il existe une manière simple de savoir si le pari aura été tenu. Dans deux ou trois ans, un habitant de Kaédi, de Rosso, de Nouadhibou, de Néma ou d’un quartier périphérique de Nouakchott devra pouvoir nommer une chose, une seule, que ce processus aura changée dans sa vie.
 
Une école qui instruit de nouveau. Un acte d’état civil obtenu sans avoir à supplier. Si cette phrase peut être prononcée, quelque chose de plus grand que le dialogue aura été réparé. Si elle ne peut pas l’être, le pays aura perdu davantage que du temps. Car ce qui se joue dans les mois qui viennent dépasse le sort d’une conférence. C’est la relation entre l’État et ses citoyens.
C’est la relation entre les institutions et la société. C’est la relation entre la nation et sa propre espérance. Le dialogue n’aura de valeur que s’il restaure cette confiance-là. S’il démontre, preuves à l’appui, que la décision publique peut encore améliorer la vie d’une famille mauritanienne. La Mauritanie ne manque pas de sujets de dialogue. Elle manque encore de preuves que le dialogue peut changer la vie de ses citoyens. Le moment est venu de les apporter.
 
Mansour LY
Juriste consultant Analyste politique
 

13/06/2026