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Alliance des Forces du Peuple : la mouvance de la députée Kadiata Malick Diallo, non partante

Jeudi 26 Décembre 2024

La députée Kadiata Malick Diallo, des partis politiques en attente de reconnaissance et des personnalités, se démarquent de la création de l’Alliance des Forces du Peuple (AFP), par rapport à laquelle ils n’ont pas été consultés, et réaffirment le maintient de la Coalition Espoir Mauritanie (CEM), à travers un communiqué publié mercredi soir.


Le même document rappelle que l’entité dont se réclament encore ces personnalités et partis politiques « est portée par des forces populaires aspirant au changement, bien que certaines de ses composantes, aient décidé de rejoindre l’Alliance des Forces du Peuple (AFP) ».
Par ailleurs, la déclaration exprime  la détermination des auteurs « à déployer tous les efforts, pour unir  toutes les forces de l’opposition » dans le cadre « de la nécessaire  solidarité entre tous ceux qui aspirent au changement » tout en travaillant contre l’esprit « de division et de fragmentation » dans un contexte national « marqué par une situation déplorable : la hausse des prix, le chômage, l’immigration clandestine, le trafic de drogue, les problèmes qui minent le secteur de l’éducation, de la santé, de la sécurité et de l’agriculture, les questions foncières… ».
Un contexte de  grave crise, qui exige « l’existence d’une opposition, unie  forte et active et  sans complaisance ».
Se prononçant au sujet d’une invitation du ministère  de l’intérieur, adressée  aux représentants des partis en attente de reconnaissance,  le document réaffirme l’attachement des auteurs « à l’application stricte de la loi en vigueur, concernant la reconnaissance des associations à caractère politique ».
Cette déclaration est signée de Kadiata Malik Diallo, députée, Mohamed Lemine Sidi Maouloud, Yahya ould Loud et des partis en attente d’autorisation : Changement Sérieux (CS), Pour une Mauritanie Unie et Forte (PMUF), Rassemblement des Démocrates Progressistes (RDP).
 







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Djibril Zakaria Sall ou le devoir de parler

Il avait intitulé son anthologie Je veux parler. Ce titre résumait déjà toute une vie. Il venait d'un de ses premiers poèmes, où un homme épuisé par la route ne demande qu'une chose. Parler. Être entendu des hommes.

La Mauritanie a perdu, ce mercredi 15 juillet, l'une des voix qui lui apprenaient à se raconter. Djibril Zakaria Sall est mort à 87 ans.

Il était né le 23 avril 1939 à Rosso, dans une famille peule originaire de Hayré Mbar, au Brakna, entre Boghé et Kaédi. On dira qu'il était fier de ses origines. C'est vrai, et c'est insuffisant. Le Fouta ne fut pas seulement son ascendance. Il fut son école. Une civilisation où la parole a un poids moral, où celui qui sait doit transmettre, où le verbe oblige celui qui le porte. Cet héritage explique tout le reste.

Le reste, c'est un parcours que personne n'aurait inventé. Élève du Collège Xavier Coppolani de Rosso, il entre dans la police en 1961 et devient commissaire en 1965. Il servira son pays avec constance, de Rosso à Zouérate, d'Atar à Nouakchott, jusqu'aux plus hautes responsabilités de la Sûreté nationale. Et c'est en octobre 1967, commissaire à Rosso, qu'il se met à écrire. La nuit, réveillé par ce qu'il faut bien appeler l'inspiration, sous le regard amusé d'une famille qui se demandait ce qui arrivait au commissaire. Il envoie ses poèmes à Léopold Sédar Senghor, président du Sénégal, qui lui répond et lui conseille d'abandonner la rime pour le rythme et l'image. En 1970 paraît son premier recueil, Lumières noires, avec l'appui du président Mokhtar Ould Daddah. D'autres suivront, à Nouakchott puis à Dakar, et ses textes seront traduits jusque dans la revue américaine Black World.

Il n'a jamais opposé le service de l'État au service de la culture. L'uniforme le jour, le poème la nuit. Chez lui les deux relevaient du même devoir, celui de protéger. L'ordre protège les hommes. La poésie protège leur âme.

Sa poésie disait l'apartheid, Soweto, la dignité des peuples noirs. Il s'en est expliqué en 2013, à l'Institut Français de Mauritanie, avec cette phrase qui lui ressemble. La contribution du poète face à l'oppression, c'est l'écrit, et « l'écrit est quelquefois plus dangereux que le fusil ». Mais chez lui l'universel naissait de l'intime. Le même homme écrivait sur son village, ses enfants, sa solitude, et jusqu'au téléphone portable qui vide les marmites.

À la fin de sa vie, il s'était mis à écrire en pulaar, sa langue maternelle. Il disait y trouver une liberté neuve, un vocabulaire à portée de main, une langue où l'oncle et le frère remplacent le dictionnaire. Par la poésie, il revenait à la langue de Hayré Mbar. Le cercle se fermait là où il s'était ouvert.

Nous savons célébrer les routes et les ouvrages. Sachons aussi honorer ceux qui façonnent le patrimoine immatériel d'une nation. Les poètes ne bâtissent rien qu'on inaugure. Ils donnent aux générations les mots avec lesquels elles comprendront leur histoire.

Nous appartenons à Dieu et c'est vers Lui que nous retournons. Puisse le Très-Haut l'accueillir dans Son infinie miséricorde et accorder patience à sa famille, à ses proches et à tous ceux que sa poésie a touchés.

Ceux qui voudront désormais entendre sa voix n'auront qu'à ouvrir ses recueils. Ils y retrouveront Hayré Mbar, la Mauritanie et cette parole libre qu'il n'a jamais cessé de servir.

Mansour LY- le 17 juillet 2026

18/07/2026