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Passif Humanitaire : lâUFP pour une justice transitionnelle
Le Passif humanitaire en Mauritanie, est un euphĂ©misme, qui dĂ©signe de graves crimes perpĂ©trĂ©s sous la responsabilitĂ© des services dâun Ă©tat, qui a pleinement usĂ© de ses prĂ©rogatives de puissance publique, contre des citoyens, ciblĂ©s en raison de leur appartenance communautaire.
Ce concept, recouvre des faits criminels, vĂ©ritables troubles Ă lâordre public national et international, commis entre 1989 et 1991 : expulsions massives de populations issues de la communautĂ© nĂ©gro africaine, vers le SĂ©nĂ©gal et le Mali, exĂ©cutions extra judiciaires de plusieurs centaines de militaires dans diffĂ©rentes garnisons, tortures, spoliation des terres dans la vallĂ©e du fleuve, pertes dâemplois touchant des agents de lâĂ©tat et du privĂ©.
Pour solder les comptes sanglants de cette pĂ©riode et refermer, une page douloureuse de lâhistoire de la Mauritanie, lâUnion des Forces de ProgrĂšs (UFP), Ă travers la voix du Pr LĂŽ Gourmo, vice-prĂ©sident, avocat au barreau de Nouakchott, propose la formule de la justice transitionnelle.
PASSIF HUMANITAIRE : POURQUOI LA JUSTICE TRANSITIONNELLE PLUTĂT QUE LA JUSTICE ORDINAIRE ?
Intervention de Gourmo Abdoul LÎ- Conférence- Débat de l'UFP du 12 juillet 2026
Mesdames et Messieurs,
La question que je voudrais évoquer rapidement ici aujourd'hui est fondamentale.
Pourquoi parler de justice transitionnelle ? Pourquoi ne pas laisser la justice ordinaire faire son travail ?
AprĂšs tout, lorsqu'un crime est commis, la rĂ©ponse normale est de saisir les tribunaux, d'identifier les responsables et de les juger. C'est le principe mĂȘme de l'Ătat de droit.
Mais le passif humanitaire mauritanien n'est pas une affaire pénale ordinaire.
Il ne s'agit pas d'une serie continue d'actes et de faits d'une gravitĂ© extrĂȘme commise certes par des individus mais dans le cadre et dans le contexte d'une politique d'Etat, explicite ou implicite dirigĂ©e contre des citoyens mauritaniens en raison de leur appartenance identitaire. Ces actes ne sont donc pas isolĂ©s; ils ne sont pas non plus de simples abus de pouvoir commis par des agents publics.
Nous sommes face Ă une succession de violations graves des droits humains : exĂ©cutions extrajudiciaires, disparitions forcĂ©es, expulsions, dĂ©portations, spoliations, discriminations et destructions de vies humaines. Ces actes se sont produits dans un contexte oĂč des institutions de l'Ătat ont Ă©tĂ© impliquĂ©es.
Autrement dit, nous sommes devant une crise nationale, et non devant une simple addition de dossiers judiciaires.
C'est prĂ©cisĂ©ment dans ce type de situation que la justice transitionnelle trouve sa raison d'ĂȘtre.
La justice ordinaire cherche avant tout à répondre à une question : qui est coupable ?
La justice transitionnelle pose une question plus large : comment notre pays a-t-il pu en arriver lĂ , et que devons-nous faire pour que cela ne se reproduise jamais ?
Elle ne remplace pas la justice pénale. Elle se situe sur un tout autre plan de jugement. L'Etat qui assume la pleine responsabilité des crimes commis en son nom ou sous son couvert cherche et trouve avec les victimes les conditions les plus avantageuses pour la paix sociale et la satisfaction pleine et entiÚre des victimes sans s'enferrer dans l'impasse des rÚgles et procédures formelles souvent inadaptées de la justice ordinaire.
Elle ne se focalise pas sur la la sanction pénale présente et valorise pour sa part, quatre dimensions essentielles : la vérité, la réparation, la mémoire et les garanties de non-répétition.
La premiÚre exigence est la vérité.
Les victimes ont le droit de savoir ce qui s'est réellement passé.
Les familles ont le droit de connaĂźtre le sort de leurs proches.
Le pays a le droit de connaĂźtre son histoire.
Sans vérité, il n'y a ni confiance ni réconciliation.
La deuxiĂšme exigence est la reconnaissance.
Les victimes ne demandent pas seulement des indemnisations.
Elles demandent que la Nation reconnaisse publiquement qu'une injustice leur a été infligée ainsi que le prescrit notre sainte réligion.
Cette reconnaissance est parfois plus importante encore que la réparation matérielle.
La troisiÚme exigence est la réparation.
Réparer, ce n'est pas acheter le silence.
C'est restituer des droits, réhabiliter des personnes, réparer des préjudices, rendre leur dignité aux victimes et à leurs familles.
Enfin, la quatriÚme exigence est la non-répétition.
Une société responsable ne regarde pas seulement le passé.
Elle rĂ©forme ses institutions pour empĂȘcher que les mĂȘmes causes produisent les mĂȘmes effets.
C'est pourquoi une véritable justice transitionnelle comporte aussi un volet portant sur des réformes institutionnelles : une justice indépendante, une administration impartiale, des forces de sécurité respectueuses des droits de tous et une lutte résolue contre toutes les formes de discrimination.
Je voudrais également dissiper un malentendu.
Justice transitionnelle ne signifie pas impunité.
Elle ne signifie ni oubli, ni amnistie automatique, ni pardon imposé.
Au contraire.
La justice transitionnelle refuse de réduire un drame national à quelques procÚs pénaux.
Elle cherche Ă traiter l'ensemble du problĂšme, en mettant en avant les droits des victimes, en promouvant leur accord ainsi que les intĂ©rĂȘts de la nation entiĂšre.
Il faut également éviter une autre erreur : celle de la culpabilité collective.
Les responsabilités sont individuelles dans la commission des faits à la connaissance desquels les victimes et l'ooinion ont droit. La redevabilité elle, relÚve de l'Etat qui assume les conséquences de son instigation ou de ses négligences coupables.
Aucune communauté, aucune ethnie, aucune région ne doit porter le poids des crimes commis par certains de ses membres.
Le but n'est pas de diviser davantage les Mauritaniens.
Le but est de rétablir la vérité afin de reconstruire durablement l'unité nationale.
Ă mes yeux, la vraie question n'est donc pas : justice ordinaire ou justice transitionnelle ?
La vraie question est : comment construire une justice capable de répondre à la gravité exceptionnelle du passif humanitaire ?
La réponse est claire.
Nous avons besoin d'une justice transitionnelle qui intĂšgre les principes et les valeurs de la justice ordinaire sans ĂȘtre paralysĂ©e par ses procĂ©dures ou ses assertions vengeresses.
Une justice qui établisse la vérité.
Une justice qui reconnaisse les victimes.
Une justice qui se fonde sur la responsabilité principale de l'Etat.
Une justice qui répare.
Une justice qui réforme les institutions.
Une justice qui garantisse que plus jamais notre pays ne revive de telles tragédies.
Mesdames et Messieurs,
La paix durable ne se construit ni sur l'oubli ni sur le déni.
Elle se construit sur la vérité.
Elle se construit sur la justice.
Elle se construit sur la reconnaissance des victimes.
Et elle se construit sur la volonté collective de faire en sorte que de telles tragédies ne puissent plus jamais se reproduire.
C'est pourquoi je suis convaincu que la justice transitionnelle n'est pas une justice d'exception. Elle est une justice de compromis. C'est pour cela que notre parti, l'UFP préconise une entente directe entre l'Etat et les victimes et soutient la mise sur pied d'une Commission Nationale de Réglement du Passif humanitaire, composée de ces deux principales parties auxquelles s'adjoindront des personnalités indépendantes connues pour leur sagesse et représentatives des composantes du pays.
Car, ainsi pourrait s'établir le préalable de de notre justice transitionnelle qui, ainsi sera la forme de justice la plus adaptée aux circonstances lorsque c'est toute une Nation qui doit guérir de son passé.
Je vous remercie.
Pour solder les comptes sanglants de cette pĂ©riode et refermer, une page douloureuse de lâhistoire de la Mauritanie, lâUnion des Forces de ProgrĂšs (UFP), Ă travers la voix du Pr LĂŽ Gourmo, vice-prĂ©sident, avocat au barreau de Nouakchott, propose la formule de la justice transitionnelle.
PASSIF HUMANITAIRE : POURQUOI LA JUSTICE TRANSITIONNELLE PLUTĂT QUE LA JUSTICE ORDINAIRE ?
Intervention de Gourmo Abdoul LÎ- Conférence- Débat de l'UFP du 12 juillet 2026
Mesdames et Messieurs,
La question que je voudrais évoquer rapidement ici aujourd'hui est fondamentale.
Pourquoi parler de justice transitionnelle ? Pourquoi ne pas laisser la justice ordinaire faire son travail ?
AprĂšs tout, lorsqu'un crime est commis, la rĂ©ponse normale est de saisir les tribunaux, d'identifier les responsables et de les juger. C'est le principe mĂȘme de l'Ătat de droit.
Mais le passif humanitaire mauritanien n'est pas une affaire pénale ordinaire.
Il ne s'agit pas d'une serie continue d'actes et de faits d'une gravitĂ© extrĂȘme commise certes par des individus mais dans le cadre et dans le contexte d'une politique d'Etat, explicite ou implicite dirigĂ©e contre des citoyens mauritaniens en raison de leur appartenance identitaire. Ces actes ne sont donc pas isolĂ©s; ils ne sont pas non plus de simples abus de pouvoir commis par des agents publics.
Nous sommes face Ă une succession de violations graves des droits humains : exĂ©cutions extrajudiciaires, disparitions forcĂ©es, expulsions, dĂ©portations, spoliations, discriminations et destructions de vies humaines. Ces actes se sont produits dans un contexte oĂč des institutions de l'Ătat ont Ă©tĂ© impliquĂ©es.
Autrement dit, nous sommes devant une crise nationale, et non devant une simple addition de dossiers judiciaires.
C'est prĂ©cisĂ©ment dans ce type de situation que la justice transitionnelle trouve sa raison d'ĂȘtre.
La justice ordinaire cherche avant tout à répondre à une question : qui est coupable ?
La justice transitionnelle pose une question plus large : comment notre pays a-t-il pu en arriver lĂ , et que devons-nous faire pour que cela ne se reproduise jamais ?
Elle ne remplace pas la justice pénale. Elle se situe sur un tout autre plan de jugement. L'Etat qui assume la pleine responsabilité des crimes commis en son nom ou sous son couvert cherche et trouve avec les victimes les conditions les plus avantageuses pour la paix sociale et la satisfaction pleine et entiÚre des victimes sans s'enferrer dans l'impasse des rÚgles et procédures formelles souvent inadaptées de la justice ordinaire.
Elle ne se focalise pas sur la la sanction pénale présente et valorise pour sa part, quatre dimensions essentielles : la vérité, la réparation, la mémoire et les garanties de non-répétition.
La premiÚre exigence est la vérité.
Les victimes ont le droit de savoir ce qui s'est réellement passé.
Les familles ont le droit de connaĂźtre le sort de leurs proches.
Le pays a le droit de connaĂźtre son histoire.
Sans vérité, il n'y a ni confiance ni réconciliation.
La deuxiĂšme exigence est la reconnaissance.
Les victimes ne demandent pas seulement des indemnisations.
Elles demandent que la Nation reconnaisse publiquement qu'une injustice leur a été infligée ainsi que le prescrit notre sainte réligion.
Cette reconnaissance est parfois plus importante encore que la réparation matérielle.
La troisiÚme exigence est la réparation.
Réparer, ce n'est pas acheter le silence.
C'est restituer des droits, réhabiliter des personnes, réparer des préjudices, rendre leur dignité aux victimes et à leurs familles.
Enfin, la quatriÚme exigence est la non-répétition.
Une société responsable ne regarde pas seulement le passé.
Elle rĂ©forme ses institutions pour empĂȘcher que les mĂȘmes causes produisent les mĂȘmes effets.
C'est pourquoi une véritable justice transitionnelle comporte aussi un volet portant sur des réformes institutionnelles : une justice indépendante, une administration impartiale, des forces de sécurité respectueuses des droits de tous et une lutte résolue contre toutes les formes de discrimination.
Je voudrais également dissiper un malentendu.
Justice transitionnelle ne signifie pas impunité.
Elle ne signifie ni oubli, ni amnistie automatique, ni pardon imposé.
Au contraire.
La justice transitionnelle refuse de réduire un drame national à quelques procÚs pénaux.
Elle cherche Ă traiter l'ensemble du problĂšme, en mettant en avant les droits des victimes, en promouvant leur accord ainsi que les intĂ©rĂȘts de la nation entiĂšre.
Il faut également éviter une autre erreur : celle de la culpabilité collective.
Les responsabilités sont individuelles dans la commission des faits à la connaissance desquels les victimes et l'ooinion ont droit. La redevabilité elle, relÚve de l'Etat qui assume les conséquences de son instigation ou de ses négligences coupables.
Aucune communauté, aucune ethnie, aucune région ne doit porter le poids des crimes commis par certains de ses membres.
Le but n'est pas de diviser davantage les Mauritaniens.
Le but est de rétablir la vérité afin de reconstruire durablement l'unité nationale.
Ă mes yeux, la vraie question n'est donc pas : justice ordinaire ou justice transitionnelle ?
La vraie question est : comment construire une justice capable de répondre à la gravité exceptionnelle du passif humanitaire ?
La réponse est claire.
Nous avons besoin d'une justice transitionnelle qui intĂšgre les principes et les valeurs de la justice ordinaire sans ĂȘtre paralysĂ©e par ses procĂ©dures ou ses assertions vengeresses.
Une justice qui établisse la vérité.
Une justice qui reconnaisse les victimes.
Une justice qui se fonde sur la responsabilité principale de l'Etat.
Une justice qui répare.
Une justice qui réforme les institutions.
Une justice qui garantisse que plus jamais notre pays ne revive de telles tragédies.
Mesdames et Messieurs,
La paix durable ne se construit ni sur l'oubli ni sur le déni.
Elle se construit sur la vérité.
Elle se construit sur la justice.
Elle se construit sur la reconnaissance des victimes.
Et elle se construit sur la volonté collective de faire en sorte que de telles tragédies ne puissent plus jamais se reproduire.
C'est pourquoi je suis convaincu que la justice transitionnelle n'est pas une justice d'exception. Elle est une justice de compromis. C'est pour cela que notre parti, l'UFP préconise une entente directe entre l'Etat et les victimes et soutient la mise sur pied d'une Commission Nationale de Réglement du Passif humanitaire, composée de ces deux principales parties auxquelles s'adjoindront des personnalités indépendantes connues pour leur sagesse et représentatives des composantes du pays.
Car, ainsi pourrait s'établir le préalable de de notre justice transitionnelle qui, ainsi sera la forme de justice la plus adaptée aux circonstances lorsque c'est toute une Nation qui doit guérir de son passé.
Je vous remercie.
12/07/2026








